Sécurité en plomberie : comprendre et installer un raccord diélectrique pour chauffe-eau

Entre la cuve en acier du chauffe-eau, les canalisations en cuivre, les flexibles inox et les réseaux modernes en PER, une installation sanitaire ressemble parfois à un puzzle métallique. Tant que tout fonctionne, la question des raccords passe souvent au second plan. Pourtant, un petit composant discret, le raccord diélectrique, peut décider de la durée de vie du ballon. Sans lui, l’installation se comporte comme une mini pile électrique : les métaux réagissent, la corrosion s’installe, et la fuite arrive bien plus tôt que prévu. L’objectif n’est pas de transformer chaque propriétaire en plombier, mais de donner les bons repères pour sécuriser un équipement coûteux et indispensable au confort quotidien.

Comprendre le rôle de ce raccord isolant, savoir s’il en faut un ou deux, sur quelle arrivée le placer et comment le serrer, permet d’éviter les mauvaises surprises. Un chauffe-eau correctement protégé, c’est moins de risque de dégât des eaux, une garantie fabricant plus simple à faire valoir, et des remplacements espacés. Dans un contexte où le prix des matériaux et de la main-d’œuvre ne cesse d’augmenter, chaque détail qui prolonge la durée de vie d’un ballon compte. Mieux vaut passer dix minutes à vérifier la compatibilité des métaux que des heures à gérer une inondation dans la buanderie.

En bref :

  • RĂ´le clĂ© : le raccord diĂ©lectrique coupe le courant parasite entre mĂ©taux diffĂ©rents et limite la corrosion galvanique autour du chauffe-eau.
  • PrioritĂ© eau chaude : au minimum, un raccord sur la sortie d’eau chaude (repère rouge) ; sur un rĂ©seau cuivre, deux raccords sont vivement conseillĂ©s.
  • Choix selon les tuyaux : cuivre, PER, multicouche, inox ou acier galvanisĂ© n’imposent pas la mĂŞme configuration, d’oĂą l’importance d’identifier les matĂ©riaux en place.
  • Pose soignĂ©e : joints toriques en bon Ă©tat, filetages propres, serrage sans excès et contrĂ´le d’éventuelles gouttes après remise en eau.
  • PrĂ©vention Ă©conomique : quelques euros de raccords Ă©vitent souvent une fuite de chauffe-eau bien plus coĂ»teuse en rĂ©parations.

Comprendre comment fonctionne un raccord diélectrique pour votre chauffe-eau

Le raccord diélectrique de chauffe-eau est une pièce de jonction à première vue banale : un corps métallique fileté, parfois en laiton ou acier, dans lequel est intégrée une bague isolante en nylon ou autre polymère résistant. Cette bague agit comme un coupe-circuit entre deux métaux différents. L’eau, surtout lorsqu’elle est chaude, devient légèrement conductrice. Si une tubulure acier de la cuve est vissée directement sur un tube cuivre, un faible courant circule : c’est l’effet pile ou corrosion galvanique.

Dans ce couple, le métal le plus fragile se sacrifie petit à petit. Sur un ballon, ce sont souvent les zones de filetage et les tubulures qui trinquent en premier. À l’œil nu, tout commence par un liseré orangé, un léger suintement, voire une auréole au plafond d’un voisin, pour les installations en appartement. Lorsqu’on en arrive là, une partie de la dégradation est déjà avancée. La fonction du raccord diélectrique est simple : empêcher cette mini pile de se former en interrompant la continuité électrique entre les deux métaux.

Dans une maison de lotissement construite dans les années 1990, par exemple, le réseau a souvent été réalisé en cuivre. Vingt ans plus tard, le ballon d’origine est remplacé par un modèle récent, toujours en acier à l’intérieur. Si le nouvel appareil est raccordé « en direct » sur les anciens tubes, sans isolation, l’installation repart pour un tour… mais avec les mêmes faiblesses. À l’inverse, en intercalant un raccord isolant sur chaque connexion, la cuve est beaucoup mieux protégée, sans changer toute la plomberie.

Ce phénomène d’électrolyse n’a rien à voir avec un défaut d’isolation électrique de la maison ou une prise de terre mal réalisée. Il suffit d’eau, de chaleur et de métaux différents pour le déclencher. Le raccord diélectrique n’améliore pas les performances du ballon, ne réduit pas la facture d’électricité, mais il lui offre la possibilité de vieillir normalement, autour de dix à douze ans pour un équipement bien entretenu et adapté à la qualité de l’eau.

Dans cette logique, trois atouts méritent d’être retenus :

  • Protection ciblĂ©e : la pièce protège prĂ©cisĂ©ment les zones les plus vulnĂ©rables que sont les filetages et raccordements.
  • ConformitĂ© fabricant : la plupart des notices prĂ©voient l’utilisation de raccords isolants, utile en cas de demande de garantie.
  • SimplicitĂ© de pose : une installation correcte ne demande que des gestes de base, Ă  condition de respecter l’ordre de montage.

Ce petit composant n’empêche pas le tartre de se déposer ni ne remplace un entretien régulier, mais il fait barrière à un ennemi silencieux : la corrosion galvanique. Une installation fiable repose sur cet équilibre : un ballon adapté à la qualité de l’eau, un raccord diélectrique pour couper les courants parasites et un groupe de sécurité entretenu.

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Pourquoi le cuivre et l’acier s’entendent mal autour d’un ballon

Le cuivre a longtemps été le roi des installations domestiques : robuste, recyclable, agréable à travailler pour les artisans. L’acier, de son côté, est omniprésent dans les cuves émaillées des chauffe-eau. Le problème apparaît quand ces deux mondes se rejoignent sans protection. Dans l’eau chaude sanitaire, chargée de sels minéraux, la moindre différence de potentiel entre les métaux suffit à déclencher des réactions électrochimiques.

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Pour visualiser ce qui se passe, il suffit d’imaginer une pile de lampe de poche : deux métaux différents baignent dans un milieu conducteur. Dans le chauffe-eau, ce n’est pas une ampoule qui s’allume, mais une partie du métal qui se sacrifie. L’acier autour des filetages finit alors par se piquer, puis se percer. La fuite peut rester discrète au début, goutte à goutte, avant de se transformer en écoulement continu.

C’est là que la sécurité plomberie prend tout son sens. Un simple regard sur la liaison entre le ballon et les tuyaux permet souvent de repérer s’il y a bien une interruption isolante. Dans une rénovation complète avec réseau PER ou multicouche, ce risque est réduit, car le plastique est naturellement isolant. En revanche, dans une maison ancienne entièrement en cuivre, l’absence de raccord diélectrique représente une faiblesse évidente à corriger.

Au final, ce dispositif ne transforme pas une vieille installation en plomberie neuve, mais il coupe l’un des principaux chemins de corrosion. C’est la base à maîtriser avant de se demander combien de raccords installer et sur quelles arrivées.

Un ou deux raccords diélectriques : combien en installer sur votre chauffe-eau ?

La question revient systématiquement lorsqu’un chauffe-eau est remplacé : faut-il poser un seul raccord diélectrique, généralement fourni par le fabricant, ou en ajouter un second ? La réponse ne se trouve pas sur la boîte, mais dans la pièce où est installé le ballon. Le nombre de raccords dépend avant tout des matériaux des canalisations qui arrivent sur l’eau froide et repartent sur l’eau chaude.

Sur une installation 100 % cuivre, la solution la plus prudente consiste à isoler les deux tubulures du ballon : une pièce sur la sortie chaude (repère rouge), une autre sur l’entrée froide (repère bleu). Côté eau froide, le raccord doit être placé entre la cuve et le groupe de sécurité. Si l’on inverse cet ordre, le tronçon métallique qui relie le ballon au groupe reste exposé à la corrosion, ce qui annule une bonne partie de l’intérêt de la manœuvre.

Dans une maison plus récente, équipée en PER ou en multicouche, la situation change. Les parties plastiques du réseau jouent déjà le rôle d’isolant. Dans ce cas, il est courant de ne poser qu’un raccord diélectrique sur la sortie d’eau chaude, là où elle rejoint un tronçon métallique (souvent cuivre ou inox). Côté eau froide, si le groupe de sécurité est en inox et que l’alimentation se fait en matériau synthétique, l’isolation est déjà largement assurée.

Type de réseau Nombre de raccords diélectriques conseillé Raison principale
Cuivre rigide sur eau froide et eau chaude 2 raccords (chaud + froid) Isolation complète des deux connexions acier/cuivre du ballon.
PER ou multicouche avec parties plastiques 1 raccord sur la sortie eau chaude Le plastique isole déjà le réseau, la sortie chaude reste la zone sensible.
Groupe de sécurité inox côté eau froide 1 ou 2 selon la présence de cuivre L’inox limite le risque, mais le cuivre en amont peut justifier un second raccord.
Réseau ancien homogène en acier galvanisé Pose facultative à évaluer Absence de couple cuivre/acier ; le diagnostic se fait au cas par cas.

Dans un pavillon des années 1980 rénové partiellement, par exemple, il n’est pas rare de trouver un mélange : arrivée en cuivre, dérivations en PER vers la salle de bains, groupe de sécurité en laiton et flexibles inox. Sans inventaire rapide, difficile de décider. Quelques minutes d’observation, voire une photo envoyée à un professionnel, suffisent pour trancher entre un et deux raccords. Dans le doute, sur réseau cuivre, le choix le plus serein reste deux pièces isolantes.

Raccord diélectrique sur eau chaude ou eau froide : la bonne priorité

La sortie d’eau chaude du chauffe-eau concentre les contraintes : température élevée, variations fréquentes de débit, dilatations et mélange avec des robinets thermostatiques. C’est aussi la tubulure qui se raccorde le plus souvent à un réseau cuivre. C’est pourquoi la plupart des fabricants livrent d’office un raccord diélectrique dédié à cette sortie, reconnaissable à la collerette ou au repère rouge.

Côté eau froide, la tentation est parfois de se dire qu’un seul raccord suffit « pour faire bien ». Sauf que si l’installation est en cuivre des deux côtés, ce choix protège une seule liaison sur deux. Dans le temps, la corrosion peut attaquer par l’autre extrémité. À l’inverse, avec une arrivée en PER ou en multicouche, l’eau froide est déjà reliée par un matériau isolant. Dans ce cas, ajouter à tout prix un second raccord n’apporte pas forcément de gain significatif.

Autre point à ne pas confondre : la présence d’un mitigeur thermostatique de sécurité, notamment pour limiter la température dans une salle de bains familiale, n’a aucune incidence sur le nombre de raccords diélectriques à poser. Ce mitigeur protège les occupants contre les brûlures, pas les métaux contre la corrosion. La vraie question reste toujours la même : quels sont les matériaux qui se touchent au niveau du ballon et autour du groupe de sécurité ?

En résumé, pour tout réseau incluant du cuivre, la stratégie la plus robuste consiste à isoler totalement le chauffe-eau du reste de la plomberie, et donc à le traiter comme un bloc séparé. Une installation pensée de cette façon évite les demi-mesures et sécurise le ballon sur toute sa périphérie.

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Sécurité plomberie : étapes pour installer un raccord diélectrique de chauffe-eau

Poser un raccord diélectrique ne demande pas une panoplie d’outils sophistiqués, mais un minimum de méthode. La première règle est non négociable : aucune intervention sur un ballon ne se fait sous tension. Le disjoncteur dédié au chauffe-eau doit être coupé au tableau avant de toucher à la moindre connexion hydraulique. Un appareil mis sous courant alors que la cuve n’est pas complètement remplie risque de griller sa résistance en quelques secondes.

Ensuite, l’arrivée d’eau doit être fermée. Selon la configuration, il peut s’agir de la vanne principale ou d’un robinet d’arrêt spécifique au ballon. Pour soulager la pression, un robinet d’eau chaude est ouvert dans la maison ; le filet d’eau qui s’écoule confirme que le circuit se vide de son excès de pression. Sur un ballon neuf, cette étape est rapide. Sur un appareil remplacé, une vidange partielle ou complète est souvent nécessaire.

Le démontage des anciens raccords commence toujours par un nettoyage soigneux des filetages : plus aucune trace de vieille filasse, de ruban PTFE mal posé, de rouille ou de dépôt calcaire ne doit subsister. Un filetage propre garantit que les joints toriques du nouveau raccord joueront pleinement leur rôle. Monter un raccord neuf sur un support encrassé, c’est comme poser un carrelage sur une chape pleine de gravats : le résultat ne sera pas durable.

Gestes clés pour préserver les joints et la bague isolante

Chaque raccord diélectrique sérieux est livré avec des joints toriques. Ces petits anneaux ne sont pas des accessoires optionnels ; ils assurent l’étanchéité des zones spécialement usinées pour eux. Avant serrage, il faut vérifier qu’ils ne sont ni tordus, ni fissurés, ni écrasés. Un joint mal positionné pince au serrage et crée la fuite que l’on cherchait justement à éviter.

Sur les filetages nécessitant un renfort d’étanchéité, deux solutions courantes existent : la filasse de lin associée à une pâte à joint adaptée à l’eau sanitaire, ou le ruban PTFE. La filasse offre une marge de rattrapage intéressante en cas de léger sur-serrage, ce qui reste apprécié sur le terrain. Le ruban PTFE, lui, doit être enroulé dans le sens du vissage, couche par couche, sans excès. Trop de ruban peut fendre un raccord à la mise en pression.

Une séquence type pour la pose se déroule ainsi :

  1. Couper l’alimentation électrique du chauffe-eau.
  2. Fermer l’arrivée d’eau et ouvrir un robinet d’eau chaude pour relâcher la pression.
  3. Démonter les anciens raccordements et nettoyer soigneusement les filetages.
  4. Monter le raccord diélectrique sur la tubulure bleue si un élément est prévu côté eau froide, puis visser le groupe de sécurité dessus.
  5. Installer le raccord diélectrique sur la tubulure rouge, puis raccorder la distribution d’eau chaude.
  6. Serrer avec une clé plate adaptée, sans écraser la partie isolante.
  7. Remettre l’eau, purger l’air en ouvrant les robinets d’eau chaude, et contrôler l’absence de suintement sur chaque jonction.
  8. Ne rétablir le courant qu’une fois la cuve entièrement remplie et les raccordements parfaitement secs.

Le serrage mérite une attention particulière. Un raccord diélectrique malmené par une pince multiprise ou une clé à molette utilisée de travers peut voir sa bague isolante se tordre. Serrer « jusqu’à plus pouvoir » n’améliore pas l’étanchéité, au contraire. Un effort ferme mais maîtrisé suffit, comme pour un écrou de robinetterie.

Après remplissage, le test se fait au chiffon sec : un passage autour de chaque raccord permet de détecter la moindre goutte. Dans une cuisine ou une salle de bains où le ballon est enfermé dans un meuble, ce contrôle est indispensable avant de refermer les panneaux. Une fuite discrète dans un placard peut ne se trahir que par une odeur d’humidité ou un meuble qui se déforme au bout de plusieurs mois. La meilleure installation est celle que l’on remplit, que l’on purge… et qui reste parfaitement sèche avant la mise sous tension.

Raccord diélectrique, flexibles inox et choix des liaisons durables

Dans les logements contemporains, on rencontre de plus en plus souvent des flexibles tressés en inox pour raccorder le chauffe-eau. Leur souplesse simplifie le travail lorsqu’il manque quelques centimètres pour aligner les axes, ou que le ballon est installé dans un coffre exigu. Certains flexibles intègrent d’ailleurs un tube intérieur en matériau synthétique, ce qui apporte une forme d’isolation électrique entre la cuve et les canalisations.

Attention toutefois à ne pas confondre systématiquement « flexible inox » et « raccord diélectrique ». Tout dépend de la conception réelle du flexible : continuité métallique éventuelle entre les deux extrémités, nature des embouts, épaisseur du tube interne. Sans information claire du fabricant, il est risqué de considérer un flexible comme une protection galvanique à part entière. Le raccord rigide diélectrique reste la solution la plus lisible et la plus maîtrisée pour isoler deux métaux différents.

Dans une buanderie aménagée sous-combles, par exemple, un ballon vertical peut être décalé de quelques centimètres par rapport aux arrivées murales. Un flexible de qualité, prévu pour l’eau chaude sanitaire, permet de rattraper cet écart sans torturer la tuyauterie. La bonne pratique consiste alors à combiner les deux approches : un raccord diélectrique directement sur la tubulure du chauffe-eau, puis le flexible en aval, pour profiter à la fois de l’isolation électrique et de la souplesse.

Durabilité, accessibilité et entretien de l’installation

Un raccord diélectrique rigide est conçu pour rester en place toute la vie du ballon. Il n’est pas traité comme une pièce d’usure à remplacer régulièrement, à la différence d’un flexible ou d’un groupe de sécurité. En revanche, lors du changement complet du chauffe-eau, il reste pertinent de repartir sur des raccords neufs avec des joints impeccables, afin d’éliminer tout point faible potentiel sur la nouvelle installation.

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Les flexibles, eux, demandent une vigilance plus régulière. Leurs joints vieillissent plus vite, surtout dans un local chaud et peu ventilé. Un flexible trop court travaille en tension, ce qui favorise les ruptures, tandis qu’un modèle trop long forme des boucles inutiles où le calcaire et les dépôts peuvent se loger. Idéalement, un flexible doit rester accessible visuellement et mécaniquement, pour pouvoir être remplacé sans déposer la moitié d’un meuble.

Il est utile de distinguer clairement les rĂ´les :

  • Raccord diĂ©lectrique rigide : barrière contre la corrosion galvanique, liaison fixe et pĂ©renne.
  • Flexible sanitaire certifiĂ© : rattrapage d’alignement, facilitĂ© d’intervention dans les espaces serrĂ©s.
  • Groupe de sĂ©curitĂ© : protection contre les surpressions, vidange manuelle ponctuelle, Ă©lĂ©ment Ă  contrĂ´ler rĂ©gulièrement.

Un point souvent mal compris mérite d’être souligné : le raccord diélectrique ne lutte pas contre le calcaire. Les dépôts liés à une eau dure s’accumulent dans la cuve et sur la résistance, quel que soit le type de raccord employé. Dans les régions très calcaires, un ballon à résistance stéatite (protégée par un fourreau) et un détartrage périodique restent des réponses plus adaptées. Confondre tartre et corrosion, c’est risquer de traiter le mauvais problème.

Une installation bien pensée se repère d’un coup d’œil : composants identifiables, trajets de tuyaux logiques, vannes accessibles et raccords visibles. Elle ne compte pas forcément plus d’éléments, mais les bons éléments au bon endroit. Dans la pratique, ce sont ces détails qui font la différence entre un chauffe-eau qu’on redoute d’ouvrir et un équipement que l’on entretient sereinement.

Risques sans raccord diélectrique et contrôles pour éviter les fuites de chauffe-eau

Ne pas installer de raccord diélectrique peut sembler anodin lorsqu’on vient de poser un ballon neuf. L’eau chaude arrive, la pression est bonne, aucune goutte ne tombe : tout paraît en ordre. C’est justement ce caractère silencieux qui rend le risque trompeur. La corrosion galvanique travaille toujours en coulisses, saison après saison, jusqu’au jour où la fuite se déclare, parfois brutalement.

Les premiers signes restent souvent discrets : une auréole de rouille au niveau d’un écrou, un dépôt brunâtre sur le dessus du ballon, une trace d’humidité répétée dans le placard technique. Dans un appartement, une goutte qui tombe régulièrement peut finir par apparaître au plafond du voisin du dessous. À ce moment-là, le problème se transforme en double facture : remplacement du chauffe-eau et remise en état des dégâts (peinture, menuiseries gonflées, plancher abîmé).

Pour éviter d’en arriver là, un contrôle visuel simple, réalisé une fois par an, suffit souvent. Il peut être couplé à la manœuvre conseillée du groupe de sécurité (ouverture manuelle pour vérifier qu’il ne se bloque pas). L’idée est de dépoussiérer la zone, passer un chiffon sec autour des raccords, observer l’évacuation et vérifier qu’aucune goutte n’apparaît. Un composant visiblement oxydé, déformé ou mal identifié doit alerter et justifier l’avis d’un professionnel.

La présence ou non de raccords diélectriques influe aussi sur la manière dont une éventuelle fuite sera gérée. En cas de sinistre, un expert missionné par l’assurance ou le fabricant examinera le respect des préconisations d’installation. L’absence d’un raccord imposé par la notice peut compliquer la prise en charge au titre de la garantie. D’où l’intérêt de conserver facture, documentation et quelques photos du montage une fois terminé.

La prévention passe donc par trois réflexes :

  • installer les raccords isolants adaptĂ©s dès la pose ou le remplacement du ballon ;
  • garder l’accès aux organes sensibles (raccords, groupe de sĂ©curitĂ©, vannes) aussi dĂ©gagĂ© que possible ;
  • rĂ©agir dès les premiers signes d’humiditĂ© plutĂ´t que d’attendre que la situation se dĂ©grade.

En cas de doute sur une trace suspecte, consulter un guide dédié aux situations d’urgence, comme un article spécialisé sur la gestion d’une fuite de chauffe-eau, permet de sécuriser les premières minutes : couper l’eau, protéger les meubles, documenter la scène pour l’assurance, puis seulement après, organiser la réparation ou le remplacement.

Le raccord diélectrique ne fait pas tout, mais sans lui, l’installation s’expose à une usure accélérée. Associé à un entretien régulier et à une pose soignée, il devient un allié discret qui limite à la fois le stress, les coûts et les interruptions de service d’eau chaude dans le logement. C’est ce genre de détail, inspiré du bon sens des artisans, qui transforme une installation juste « fonctionnelle » en système durable.

Faut-il toujours installer deux raccords diélectriques sur un chauffe-eau ?

Deux raccords diĂ©lectriques sont recommandĂ©s lorsque les canalisations d’eau froide et d’eau chaude sont en cuivre : un sur la sortie chaude (repère rouge) et un sur l’entrĂ©e froide (repère bleu), entre la cuve et le groupe de sĂ©curitĂ©. Sur une installation en PER ou multicouche, un seul raccord sur l’eau chaude suffit souvent, car le plastique joue dĂ©jĂ  le rĂ´le d’isolant cĂ´tĂ© eau froide. Le choix dĂ©pend donc d’abord des matĂ©riaux prĂ©sents, pas d’une règle unique.

OĂą placer exactement le raccord diĂ©lectrique sur l’arrivĂ©e d’eau froide ?

Le raccord se visse directement sur la tubulure bleue du chauffe-eau. Le groupe de sĂ©curitĂ© vient ensuite sur ce raccord, puis la canalisation d’alimentation. Cette disposition permet d’isoler Ă©lectriquement la cuve Ă  la fois du groupe de sĂ©curitĂ© et du rĂ©seau en cuivre ou en mĂ©tal situĂ© en amont. Poser le raccord après le groupe de sĂ©curitĂ© laisse un tronçon mĂ©tallique non protĂ©gĂ© entre le ballon et ce dernier.

Combien de temps peut durer un raccord diélectrique ?

Un raccord diĂ©lectrique de bonne qualitĂ© peut rester en place pendant toute la durĂ©e de vie du chauffe-eau, soit en gĂ©nĂ©ral entre dix et quinze ans selon la qualitĂ© de l’eau et l’usage. Il n’est pas considĂ©rĂ© comme une pièce d’usure Ă  remplacer rĂ©gulièrement. En revanche, lors du remplacement complet du ballon, il est conseillĂ© de repartir sur des raccords neufs avec des joints neufs pour garantir une Ă©tanchĂ©itĂ© et une isolation optimales.

Le raccord diélectrique supprime-t-il les problèmes de calcaire ?

Non. Le raccord diĂ©lectrique bloque la corrosion galvanique entre mĂ©taux diffĂ©rents, mais il n’agit pas sur la duretĂ© de l’eau ni sur le tartre. Dans une rĂ©gion calcaire, la protection passe plutĂ´t par le choix d’un chauffe-eau adaptĂ© (par exemple Ă  rĂ©sistance stĂ©atite) et par un dĂ©tartrage rĂ©gulier. Le calcaire et la corrosion sont deux phĂ©nomènes distincts, qui nĂ©cessitent chacun leurs solutions spĂ©cifiques.

Comment vérifier rapidement si un raccord diélectrique est présent sur mon chauffe-eau ?

Il suffit d’observer la zone de raccordement : un raccord diĂ©lectrique se prĂ©sente souvent comme une pièce intermĂ©diaire entre la tubulure du ballon et la canalisation, parfois avec une partie blanche ou d’aspect plastique correspondant Ă  la bague isolante. Sur la sortie d’eau chaude, il est frĂ©quemment fourni avec le chauffe-eau et repĂ©rĂ© par une collerette rouge. Si la canalisation cuivre est vissĂ©e directement sur la tubulure acier, sans pièce intermĂ©diaire identifiable, il est probable qu’aucun raccord diĂ©lectrique ne soit en place.

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