Les odeurs de canalisation ne préviennent jamais longtemps à l’avance. Un matin, la salle de bains sent les égouts, le soir c’est la cuisine qui empeste la friture rance. Dans la plupart des cas, le problème ne vient pas d’un défaut grave du réseau, mais de petits dépôts coincés dans un siphon, un tuyau à moitié encrassé ou une évacuation qui n’a pas vu d’eau depuis des semaines. Plutôt que de dégainer tout de suite un produit corrosif du commerce, il est possible de traiter ces situations avec des astuces de grand-mère simples, efficaces et douces pour les tuyaux. Bicarbonate, vinaigre, sel, eau chaude, nettoyage manuel : bien utilisés, ces gestes suffisent souvent à rendre l’air respirable sans mettre la plomberie en danger.
Dans une maison occupée, chaque point d’eau raconte quelque chose du quotidien. L’évier garde la mémoire des graisses de cuisson, la douche accumule les cheveux, la machine à laver concentre lessive et saletés textiles. Les odeurs apparaissent quand ces résidus commencent à fermenter dans un endroit où l’eau ne circule plus correctement. Comprendre où et pourquoi elles se forment permet de choisir la bonne méthode, au bon endroit, sans perdre de temps et sans abîmer les installations. C’est exactement ce que recherchent les familles comme les Martin, qui alternent télétravail, enfants pressés et repas maison, sans vouloir transformer chaque week-end en chantier plomberie.
En bref :
- Repérer la source précise de l’odeur avant de vider un produit dans la canalisation.
- Privilégier les gestes mécaniques : démontage du siphon, ventouse, furet, plutôt que les cocktails chimiques.
- Utiliser bicarbonate, sel, vinaigre et eau chaude pour un entretien en douceur des tuyaux.
- Éviter les fausses bonnes idées comme le marc de café, les mélanges vinaigre/Javel ou les recettes improvisées.
- Mettre en place un entretien régulier : petits gestes fréquents plutôt que grosses interventions d’urgence.
Odeur de canalisation : comprendre l’origine avant toute astuce de grand-mère
Une mauvaise odeur de canalisation rappelle immédiatement les égouts, la moisissure ou une cuisine mal entretenue. Pourtant, le point de départ est souvent à quelques centimètres seulement : juste sous l’évier, le lavabo ou la douche. Le premier élément à contrôler est le siphon, cette pièce en forme de U ou de bouteille qui retient en permanence un peu d’eau. Cette réserve fait barrière aux gaz du réseau. Quand elle disparaît ou se charge de matières en décomposition, l’odeur remonte librement.
Dans une pièce peu fréquentée, le phénomène est classique. Une salle d’eau d’amis utilisée trois fois dans l’année, un vieux lavabo de cave, une douche en mezzanine réservée aux retours de plage : l’eau contenue dans le siphon finit par s’évaporer. Les gaz du tout-à-l’égout n’ont alors plus aucun obstacle. La solution est parfois d’une simplicité déconcertante : laisser couler l’eau pendant une minute dans chaque évacuation concernée. Ce simple geste rétablit la garde d’eau protectrice et supprime l’odeur en quelques minutes.
Pour les évacuations rarement utilisées, certains foyers ajoutent une astuce très basique mais redoutablement pratique : verser une cuillère d’huile végétale dans le siphon après avoir rempli d’eau. L’huile forme un film à la surface qui ralentit l’évaporation. Cela ne remplace pas un entretien classique, mais évite que le problème ne réapparaisse après chaque période d’absence prolongée comme les vacances.
Lorsque l’odeur reste concentrée autour d’un seul point d’eau alors qu’il s’écoule encore bien, la piste la plus probable est celle des résidus organiques en décomposition. Dans la cuisine, le siphon accumule un cocktail peu engageant : graisse refroidie, petits morceaux d’aliments, restes de sauces, savon. Dans la salle de bains, ce sont plutôt les cheveux, le dentifrice, les résidus de soins et de maquillage. Ces dépôts tapissent les parois internes et dégagent une odeur d’égout ou de renfermé, même sans bouchon franc.
Un cas fréquent illustre bien ce scénario. Dans une maison familiale, l’évier de cuisine sentait mauvais depuis des semaines. Les occupants avaient essayé les désodorisants d’ambiance, puis un produit très parfumé versé dans la bonde. Rien n’y faisait. Le jour où le siphon a été démonté, la cause est apparue en quelques secondes : une épaisse couche de graisse figée et de déchets alimentaires stagnait dans le culot. Dix minutes de nettoyage au liquide vaisselle ont réglé un problème que plusieurs semaines de « cache-misère » n’avaient pas touché.
Si l’odeur semble, au contraire, venir de plusieurs évacuations en même temps (évier, lavabo, douche), le sujet dépasse souvent la simple astuce maison. On peut être face à un défaut de ventilation du réseau, une canalisation principale encrassée ou un problème de pente qui ralentit l’écoulement général. Dans ces situations, les mélanges de vinaigre et de bicarbonate n’auront qu’un effet marginal. Ils peuvent rafraîchir un peu les tuyaux proches, mais ne résoudront pas une configuration structurelle mal conçue.
Avant de dégainer un produit puissant, un simple tableau de réflexion permet déjà de distinguer les cas faciles de ceux qui demandent un diagnostic plus poussé.
| Situation observée | Geste adapté | À éviter |
|---|---|---|
| Odeur localisée à un seul point d’eau | Nettoyer le siphon, vérifier que l’eau y reste présente. | Masquer avec un parfum sans retirer les résidus. |
| Écoulement correct mais odeur d’égout légère | Entretien doux au bicarbonate, sel, eau chaude. | Mélanger plusieurs produits ménagers au hasard. |
| Évacuation lente et gargouillis | Utiliser ventouse ou furet avant tout produit agressif. | Soude caustique en grande quantité, surtout sur PVC inconnu. |
| Pièce peu utilisée, odeur après une absence | Faire couler l’eau, éventuellement ajouter un peu d’huile. | Laisser les siphons se dessécher pendant des semaines. |
Une maison qui sent bon ne dépend pas d’un spray parfumé, mais d’un réseau d’évacuation propre, ventilé et régulièrement sollicité. Identifier d’abord la cause, puis choisir l’astuce adaptée, c’est le meilleur moyen de gagner du temps et d’éviter la casse.

Astuce de grand-mère douce : bicarbonate, sel, vinaigre pour des canalisations sans odeurs
Parmi les remèdes de grand-mère qui ont traversé les générations, le trio bicarbonate de soude, gros sel, vinaigre blanc fait figure de classique. Ces produits du quotidien ne transforment pas un réseau bouché en canal neuf, mais ils sont très efficaces pour entretenir une canalisation qui fonctionne encore et limiter la formation de dépôts odorants. Manipulés avec mesure, ils respectent les tuyaux modernes en PVC comme les installations plus anciennes.
Le bicarbonate joue d’abord le rôle de nettoyant doux et désodorisant. Ses grains légèrement abrasifs aident à décrocher les pellicules grasses et les petits amas collés aux parois. Pour un entretien régulier, il suffit de verser deux cuillères à soupe de bicarbonate directement dans la bonde, puis d’ajouter une cuillère à soupe de gros sel. Le sel renforce l’effet mécanique et améliore parfois l’action sur les graisses légères.
On laisse ce mélange agir une trentaine de minutes, le temps qu’il se répartisse dans le siphon et le premier tronçon de tuyau. Vient ensuite une étape cruciale, trop souvent négligée : un rinçage à grande eau très chaude. Inutile de faire bouillir l’eau, surtout avec des tuyaux PVC anciens. Une eau bien chaude, sortie du robinet ou d’une bouilloire légèrement refroidie, suffit à entraîner les résidus ramollis vers l’aval du réseau.
Le vinaigre blanc, lui, est surtout intéressant dès que l’eau est calcaire. Versé seul, à raison d’un bon verre dans l’évacuation, il peut rester en place toute une nuit. Au matin, un rinçage abondant aide à faire partir le voile de tartre, les traces de savon et certains débuts d’amas. C’est une routine simple à appliquer dans un lavabo de salle de bains ou un évier très sollicité par la vaisselle.
Le mélange bicarbonate-vinaigre crée une mousse spectaculaire. L’effet est visuellement satisfaisant, mais il faut en connaître les limites. La réaction effervescente soulève effectivement certaines salissures fraîches, sauf qu’en même temps, l’acide (vinaigre) et la base (bicarbonate) se neutralisent. Le résultat final n’a rien d’un déboucheur surpuissant. Utilisé ponctuellement, ce « volcan de cuisine » aide à rafraîchir une canalisation, à condition de bien rincer ensuite. L’erreur serait de croire qu’en doublant ou triplant les doses, la canalisation sera mécaniquement débouchée.
Sur les zones très concernées par le calcaire, une autre poudre peut prendre le relais du vinaigre : l’acide citrique. Deux cuillères à soupe déposées dans la bonde, suivies d’un peu d’eau chaude, suffisent pour un temps de pose de trente à soixante minutes. Le rinçage doit ensuite être généreux. Une consigne est non négociable : ne jamais le mélanger à de la Javel ou à un produit chloré, au risque de dégager des vapeurs dangereuses.
Dans les toilettes, les mauvaises odeurs ne viennent pas toujours de la canalisation elle-même. Un tartre durci sous le rebord de la cuvette ou coincé au fond du coude peut diffuser une senteur tenace, même si l’évacuation fonctionne très bien. Dans ce cas, une brosse adaptée, un produit anticalcaire ciblé et un peu d’huile de coude sont plus efficaces que n’importe quelle potion versée dans le tuyau.
Pour les finitions, certains aiment ajouter quelques huiles essentielles de citron, de lavande ou d’eucalyptus, diluées dans une cuillère de savon noir liquide. Trois à cinq gouttes suffisent amplement. Elles apportent une note fraîche après le nettoyage, mais ne doivent jamais être prises pour un désinfectant. Dans les foyers avec jeunes enfants, femmes enceintes ou animaux, il est plus prudent de s’en passer ou d’aérer largement.
Pour garder le cap, une simple liste permet de se souvenir des bons réflexes avec ces produits de base.
- Bicarbonate + sel + eau chaude : entretien doux d’une canalisation qui s’écoule bien.
- Vinaigre seul : action ciblée contre le calcaire et le savon, idéal en entretien de lavabo.
- Bicarbonate + vinaigre : utilisation ponctuelle pour un coup de propre, sans en attendre un débouchage complet.
- Acide citrique : à réserver aux dépôts calcaires, sans mélange avec la Javel.
- Huiles essentielles : uniquement en complément parfumé, jamais comme solution principale.
Un réseau sain ne se résume pas à une canalisation qui coule : il se construit avec des entretiens réguliers, mesurés, qui traitent l’origine des odeurs sans brutaliser les matériaux.
Canalisation qui sent mauvais et s’écoule lentement : agir sans abîmer les tuyaux
Quand l’odeur de canalisation s’accompagne d’un écoulement qui devient paresseux, la situation change de catégorie. On ne parle plus seulement de désodorisation, mais d’un début de bouchon. Cheveux, graisses, résidus de lessive et savon forment alors un bouchon partiel qui ralenti l’eau et emprisonne encore plus de matières organiques. C’est dans ce contexte que certaines recettes trop agressives font plus de mal que de bien, surtout sur des tuyaux PVC, des joints souples ou des raccords un peu âgés.
Le premier réflexe à adopter est étonnamment simple : la ventouse. Cet outil basique fonctionne grâce à un principe mécanique : en alternant poussées et tractions, il crée des variations de pression capables de déloger ou d’avancer un bouchon situé à proximité de la bonde. Pour que cela marche, il faut toutefois respecter quelques règles élémentaires. La cloche doit recouvrir correctement l’orifice et l’eau doit arriver au moins au ras de la ventouse pour garantir l’étanchéité. Sur un lavabo avec trop-plein, ce dernier doit être bouché avec un chiffon humide.
Lorsque la ventouse reste insuffisante, l’étape suivante consiste souvent à passer au furet manuel. Cet outil flexible, terminé par une petite pointe ou une brosse, s’introduit dans la canalisation par la bonde ou après démontage du siphon. Il avance progressivement, sans gestes brusques, afin de ne pas abîmer l’intérieur du tuyau ni décrocher un raccord. Dans une douche, il atteint généralement le bouchon de cheveux situé à quelques dizaines de centimètres, juste après le siphon ou le coude.
En parallèle de ces outils, certains produits restent compatibles avec une approche douce. Les cristaux de soude, par exemple, affichent une action plus dégraissante que le bicarbonate, tout en restant gérables si l’on respecte les précautions. Une dose classique consiste à diluer trois cuillères à soupe de cristaux dans un litre d’eau très chaude, puis à verser lentement le mélange dans la canalisation. Le temps de pose d’une heure est suffisant, avant un rinçage abondant.
Les gants sont obligatoires : la solution est irritante pour la peau. Là encore, il vaut mieux éviter la surenchère. Refaire la même opération plusieurs fois de suite n’apporte pas forcément plus de résultat, alors que la ventouse ou le furet auraient pu résoudre le problème à la source.
En revanche, la lessive de soude ou la soude caustique pure n’entrent pas dans la catégorie des astuces douces. Elles existent depuis longtemps dans les recettes de grand-mère, mais les installations actuelles ne les supportent pas toutes. Une pose prolongée peut attaquer certains joints, fragiliser des segments de tuyaux, voire rendre l’intervention d’un plombier plus risquée ensuite. Ces produits très caustiques doivent rester réservés aux situations bien identifiées, avec lecture attentive des notices, et après avoir épuisé les solutions mécaniques.
Les machines à laver méritent un cas particulier. Une buanderie entière peut être parfumée à l’odeur de linge humide simplement à cause d’un filtre d’évacuation encrassé ou d’un joint de hublot moisi. Dans ce genre de configuration, traiter la canalisation seule ne suffit pas. Il faut démonter le filtre, retirer les corps étrangers piégés (pièces, mouchoirs, fibres), nettoyer le joint à l’éponge et vérifier le tuyau d’évacuation de la machine qui peut lui aussi accumuler lessive et saletés textiles.
Pour garder le cap, quelques règles de sécurité méritent d’être gravées dans la routine d’entretien.
- Gants obligatoires dès qu’on utilise des cristaux de soude ou un produit alcalin puissant.
- Jamais de mélange entre soude, vinaigre, acide citrique, produits chlorés ou Javel : réactions imprévisibles.
- Ventouse et furet avant chimie : ce qui s’enlève mécaniquement n’a pas besoin d’un bain corrosif.
- Contrôle visuel du siphon après toute intervention, pour vérifier l’absence de fuite.
Dans les maisons comme chez les Martin, ce sont ces réflexes simples qui évitent les dégâts. Quand l’eau recircule librement et que les dépôts ont été retirés, les odeurs disparaissent d’elles-mêmes. Un tuyau respecté, c’est un tuyau qu’on débouche avec méthode, pas avec précipitation.
Odeur d’évier : fausses bonnes idées et recettes à éviter pour protéger les canalisations
Les astuces de grand-mère circulent vite, surtout sur les réseaux sociaux. Certaines sont basées sur un vrai bon sens, d’autres s’adaptent mal aux installations d’aujourd’hui. L’objectif n’est pas de se moquer des recettes d’antan, mais de distinguer ce qui reste pertinent dans une maison moderne équipée de tuyaux PVC, joints souples, broyeurs et pompes de relevage. Certaines idées flatteuses sur le papier se transforment en véritables pièges à bouchons.
Le marc de café illustre parfaitement cette dérive. Dans un bol, au fond du frigo, il absorbe bien certaines odeurs. Mais dès qu’il part dans les tuyaux, c’est une autre histoire. Ses minuscules particules ne fondent pas dans l’eau. Elles adhèrent aux parois, se mélangent aux graisses et finissent par former une pâte compacte dans les coudes ou les segments à faible pente. Au lieu de nettoyer la canalisation, on participe discrètement à la naissance d’un future bouchon. Le bon geste reste de le composter ou de l’utiliser avec mesure au jardin, pas de le faire voyager dans la plomberie.
Autre conseil parfois entendu : verser du yaourt dans l’évier pour « nourrir les bonnes bactéries ». Dans les faits, les quelques bactéries lactiques ne résolvent ni un amas de cheveux ni une croûte de graisse figée. Pire encore, un yaourt abandonné dans un tuyau se transforme en source d’aliment supplémentaire pour les bactéries déjà présentes, ce qui accentue parfois les odeurs au lieu de les diminuer. La canalisation n’est pas un laboratoire de fermentation contrôlé, mais un réseau d’évacuation qui doit rester aussi propre que possible.
L’eau gazeuse revient elle aussi régulièrement dans les recommandations rapides. Son effervescence donne l’impression de décrasser la canalisation, mais son effet réel reste modeste. Elle peut aider à rincer légèrement une bonde après un repas copieux, rien de plus. Utilisée comme solution miracle face à une odeur marquée ou un écoulement paresseux, elle déçoit vite.
Les glaçons au vinaigre séduisent également par leur côté ludique : on remplit un bac à glaçons avec moitié eau, moitié vinaigre, on laisse prendre, puis on jette tout dans l’évier. Visuellement, l’idée semble maline. Techniquement, elle n’apporte rien de plus qu’un simple verre de vinaigre dilué. Dans un évier équipé d’un broyeur, ces glaçons peuvent même être déconseillés si le fabricant ne les mentionne pas, car l’acidité répétée au même endroit n’est pas toujours compatible avec certains composants.
Les erreurs les plus risquées concernent surtout les mélanges de produits incompatibles. Associer eau de Javel et vinaigre, par exemple, libère des gaz irritants pour les voies respiratoires. Enchaîner plusieurs déboucheurs du commerce, sans savoir de quoi ils sont composés, revient à organiser une petite expérience de chimie dans un tuyau fermé, avec des réactions parfois violentes. Le nez sert d’alarme, mais quand il commence à piquer, il est déjà tard.
En cuisine, un autre réflexe reste à corriger : rincer systématiquement les graisses de cuisson à l’eau chaude dans l’évier. Tant que l’eau est très chaude, la poêle semble propre et la graisse paraît liquéfiée. Sauf qu’en se refroidissant plus loin dans le réseau, cette même graisse se fige et s’accroche aux parois, un peu comme une bougie qui reprend sa forme solide. Additionnée aux particules de nourriture, elle construit lentement des bourrelets internes qui réduisent le diamètre utile du tube.
La famille Martin en a fait l’expérience. Malgré un entretien régulier au vinaigre, l’évier de cuisine revenait souvent à ses mauvaises habitudes olfactives. La cause n’était ni le produit, ni le réseau collectif, mais une habitude bien ancrée : toutes les sauces, huiles et fonds de poêle étaient rincés directement dans l’évier. En adoptant un simple pot de récupération à côté de la plaque de cuisson et en essuyant les poêles avec du papier avant lavage, la situation s’est stabilisée en quelques semaines sans aucune intervention supplémentaire.
La leçon est claire : respecter les canalisations, c’est d’abord faire attention à ce qu’on y envoie. Les produits les plus efficaces ne compenseront jamais une mauvaise habitude répétée chaque jour. Mieux vaut quelques gestes de prévention simples que des cures régulières de déboucheur.
Prévenir durablement les mauvaises odeurs de canalisation avec un entretien simple
Une maison confortable n’a pas besoin de sentir la javel ni le désodorisant chimique. Elle repose sur un réseau d’évacuation discret, entretenu régulièrement avec des gestes simples mais constants. Plutôt que d’attendre que la cuisine ou la salle de bains deviennent irrespirables, il est plus judicieux d’installer une routine légère qui s’intègre au quotidien, sans transformer les soirées en marathon ménage.
Dans la salle de bains, un geste aussi banal que retirer les cheveux visibles après chaque shampoing fait gagner des années de tranquillité. Une petite crépine posée sur la bonde de douche ou de baignoire joue un rôle de garde du corps : elle arrête les cheveux et les petits débris avant qu’ils ne partent dans le tuyau. Un passage rapide à la main ou au chiffon après l’utilisation évite les amas collés.
En cuisine, le même principe s’applique aux restes alimentaires. Un petit filtre dans la bonde de l’évier retient pâtes, riz, épluchures et miettes qui, sinon, iraient se loger dans le siphon. Rincer la vaisselle à l’eau chaude après un repas riche en graisse aide aussi à entraîner les petits dépôts légers, tant que les poêles et plats très gras ont été préalablement essuyés.
Pour garder une vue d’ensemble, un calendrier simple peut être suivi sans prise de tête.
| Fréquence | Entretien conseillé | Résultat attendu |
|---|---|---|
| Chaque semaine | Rinçage à l’eau chaude des évacuations les plus utilisées. | Limitation des résidus frais et des débuts de dépôts. |
| Chaque mois | Entretien au bicarbonate + eau chaude, ou au vinaigre seul. | Canalisations plus fraîches, moins de tartre et de gras. |
| Tous les 3 mois | Nettoyage des bondes, crépines, grilles de douche, trop-pleins. | Moins d’amas de cheveux, savon, restes alimentaires. |
| 1 à 2 fois par an | Démontage et lavage du siphon (évier, lavabo très utilisés). | Élimination des odeurs tenaces et des graisses anciennes. |
Les logements avec des pièces peu utilisées demandent un regard particulier. Une douche d’appoint, un lavabo de cave ou un évier de buanderie peuvent passer des mois sans qu’une goutte d’eau n’y coule. Avant l’hiver ou au retour de vacances, prendre cinq minutes pour faire couler l’eau dans chaque évacuation évite la fameuse odeur de renfermé que l’on retrouve parfois en ouvrant la porte d’une maison fermée.
Les toilettes jouent aussi le rôle d’alarme. Une chasse d’eau anormalement lente, des gargouillis dans d’autres bondes quand on tire la chasse, ou des remontées dans la douche quand la machine à laver se vide, ne relèvent plus du simple entretien. Ces signaux peuvent indiquer un défaut de pente, une ventilation insuffisante ou une canalisation principale en partie bouchée. Dans ces cas, mieux vaut consulter un professionnel plutôt que de vider des bidons de déboucheur dans tous les sens.
Pour terminer, quelques actions concrètes peuvent être mises en place immédiatement sans équipement particulier.
- Verser de l’eau dans toutes les évacuations peu utilisées de la maison.
- Installer une crépine sur les douches et un filtre sur l’évier principal.
- Prévoir un pot pour récupérer les graisses près de la plaque de cuisson.
- Planifier un nettoyage de siphon au moins une fois dans l’année sur l’évier de cuisine.
- Noter rapidement les gargouillis inhabituels pour agir avant le blocage complet.
Une plomberie bien traitée ne demande pas de produits spectaculaires. Elle réclame surtout un peu de régularité et des réflexes simples, hérités des anciennes générations mais adaptés aux matériaux actuels. Une odeur de canalisation disparaît rarement par hasard : elle recule grâce à une combinaison de bon sens, de gestes concrets et de produits modestes utilisés au bon moment.
Pourquoi une canalisation sent-elle mauvais alors qu elle n est pas bouchée ?
Une canalisation peut dégager une mauvaise odeur même si l eau s écoule encore correctement. La cause vient souvent d un siphon asséché, de résidus coincés dans la bonde, de dépôts de savon ou de graisse qui fermentent sur les parois, ou d une ventilation insuffisante du réseau. Faire couler l eau, nettoyer le siphon et vérifier l état des bondes suffisent généralement à supprimer ces odeurs sans intervention lourde.
Le bicarbonate et le vinaigre peuvent-ils remplacer un déboucheur chimique ?
Le mélange bicarbonate-vinaigre est utile pour l entretien et pour décoller des dépôts légers, mais il ne remplace pas un véritable déboucheur face à un bouchon compact de cheveux ou de graisse. Il rafraîchit la canalisation et améliore légèrement l écoulement, à condition de bien rincer, mais il reste moins puissant qu une ventouse, un furet ou un démontage de siphon.
Peut-on verser de l eau bouillante dans les canalisations ?
Une eau très chaude est efficace pour rincer et aider à dissoudre une partie des graisses, mais l eau bouillante peut fragiliser certains tuyaux PVC ou raccords anciens. Il est préférable d utiliser une eau bien chaude non bouillante, surtout si l on ne connaît pas l âge ou la qualité de l installation.
Le marc de café est-il une bonne solution contre les odeurs de canalisation ?
Non, le marc de café ne doit pas être versé dans les canalisations. S il absorbe les odeurs dans un récipient, ses particules s accumulent dans les tuyaux, se mélangent aux graisses et contribuent à former des bouchons. Mieux vaut le composter ou l utiliser au jardin plutôt que de l envoyer dans l évacuation.
À quelle fréquence faut-il nettoyer un siphon pour éviter les mauvaises odeurs ?
Dans une cuisine utilisée quotidiennement, un siphon propre une à deux fois par an suffit généralement à éviter les odeurs tenaces, à condition que les graisses ne soient pas systématiquement envoyées dans l évier. Pour un lavabo ou une douche, un contrôle annuel complété par un retrait régulier des cheveux et un entretien au bicarbonate et à l eau chaude permet de garder des canalisations saines et inodores.


