Dans un meuble qui bouge, une terrasse battue par le vent ou un escalier métallique souvent emprunté, les fixations finissent toujours par montrer leurs limites. Ce n’est pas toujours la faute de la vis ou de l’écrou, mais plutôt du détail qu’on oublie trop souvent : la rondelle frein. Cette petite pièce métallique, coincée entre la tête de vis et la pièce à serrer, évite que le filetage ne se desserre petit à petit sous l’effet des vibrations, des chocs ou des variations de température. Dans un habitat moderne où l’on veut à la fois du confort, de la sécurité et le moins d’entretien possible, négliger cet élément, c’est accepter à l’avance les vis qui se desserrent, les garde-corps qui prennent du jeu et les terrasses qui craquent.
Les particuliers comme les artisans le constatent : un assemblage bien pensé, c’est d’abord une bonne répartition des efforts et une fixation capable de tenir dans le temps. Les rondelles freins jouent ce rôle discret mais décisif. Encore faut-il comprendre comment elles fonctionnent, distinguer les principaux modèles (élastiques, dentées, coniques, systèmes haute performance), choisir le bon matériau (acier, inox, laiton) et les installer correctement. Un peu comme pour l’isolation d’une maison, ce qui ne se voit pas fait pourtant toute la différence au quotidien. Mal posée, une rondelle frein devient un simple rond de métal. Bien choisie et bien serrée, elle évite les resserrages saisonniers, sécurise les ouvrages sensibles et rallonge la durée de vie des aménagements, du salon de jardin à la mezzanine métallique.
En bref
- Rôle essentiel : une rondelle frein empêche le desserrage progressif des vis et écrous soumis aux vibrations, aux chocs et aux variations de charge.
- Variétés disponibles : modèles élastiques (Grower, Belleville, Onduflex), rondelles dentées, coupelles coniques et systèmes haute performance type Heico-Lock.
- Choix stratégique : le bon type dépend du support (bois, métal, composite), de l’intensité des vibrations et de la fréquence de démontage prévue.
- Matériaux adaptés : acier pour l’intérieur sec, inox pour l’extérieur ou les zones humides, laiton pour les petites pièces techniques et délicates.
- Montage rigoureux : orientation, emplacement, couple de serrage et propreté des surfaces conditionnent l’efficacité réelle du freinage.
- Applications concrètes : terrasses, pergolas, garde-corps, escaliers, portails, mobilier mobile, machines d’atelier et structures métalliques de rénovation.
Fonctions essentielles des rondelles frein dans la maison et la rénovation
Dans le monde des travaux et de la rénovation, la rondelle frein est souvent vue comme un “plus”, alors qu’elle devrait être considérée comme un élément de sécurité à part entière. Elle s’intercale entre la tête de vis (ou l’écrou) et la pièce à assembler, et son but est clair : maintenir la tension dans l’assemblage et empêcher la rotation parasite qui finit par desserrer la fixation. Sans elle, un garde-corps, une pergola ou un escalier métallique soumis aux contraintes du quotidien commence à prendre du jeu, parfois sans qu’on s’en aperçoive immédiatement.
Sur un chantier de rénovation complète, un propriétaire décide par exemple d’installer une grande mezzanine en acier pour agrandir l’espace de vie. Les profilés sont correctement dimensionnés, les ancrages sont prévus dans le béton, mais si les boulons ne sont pas sécurisés avec un système de blocage fiable, les vibrations, les pas répétés et les légères dilatations vont progressivement détendre les assemblages. La rondelle frein joue ici le rôle de garde-fou : elle absorbe les micro-mouvements ou augmente le frottement, ce qui empêche la vis de tourner toute seule.
Pour bien comprendre son utilité, il faut garder en tête que la visserie travaille rarement dans des conditions parfaites. Dans un escalier métallique, chaque pas crée un choc. Sur un portail motorisé, chaque ouverture génère des vibrations. Sur une terrasse, les changements de température jour/nuit et été/hiver font bouger légèrement les matériaux. Même une cuisine équipée, avec ses caissons suspendus sur rails, subit des micro-mouvements à chaque ouverture de porte. Sans rondelle frein adaptée, la tension du serrage s’échappe petit à petit, comme l’air d’un pneu mal gonflé.
Dans l’habitat, les situations typiques où une rondelle frein apporte une vraie valeur sont nombreuses. Un garde-corps d’escalier métallique, très sollicité par les passages quotidiens, reste stable dans le temps si les écrous sont bloqués par une rondelle élastique ou dentée bien choisie. Une pergola fixée sur des platines ancrées dans une dalle évite les resserrages annuels si des rondelles adaptées sont installées sur les points les plus exposés au vent. Un meuble d’atelier sur roulettes conserve sa rigidité malgré les déplacements, les chocs et les outils lourds, simplement parce que ses assemblages ont été pensés avec des dispositifs de freinage.
Pour visualiser ce rôle au quotidien, il suffit d’imaginer un escalier métallique dans une maison familiale. Les enfants courent, les adultes montent les bras chargés, les saisons passent. Sans rondelles freins, les fixations commencent à “chanter”, les marches grincent légèrement, les écrous se desserrent. Avec des rondelles adaptées, l’assemblage reste silencieux, rigide, rassurant. Un détail pour celui qui monte l’escalier, un vrai gain de sécurité pour celui qui l’a conçu.
Les fonctions principales de la rondelle frein se résument en plusieurs points concrets :
- Maintien de la tension dans la vis ou le boulon grâce à un effet ressort contrôlé.
- Augmentation du frottement entre la vis et la pièce grâce à des stries ou des dents.
- Limitation de la rotation par ancrage mécanique dans les surfaces adjacentes.
- Répartition de la pression sur les supports fragiles (bois tendre, matériaux composites).
Sur un chantier de réhabilitation d’un ancien atelier en loft, ces principes ont été appliqués à la fixation d’une passerelle intérieure reliant deux niveaux. Au lieu de simples rondelles plates, des rondelles freins élastiques ont été posées sur les boulons d’ancrage principaux. Résultat : malgré les années et les passages, aucun resserrage n’a été nécessaire et la passerelle reste aussi stable qu’au premier jour. Ce type de retour d’expérience montre qu’une rondelle frein bien choisie, c’est moins de stress, moins d’entretien et plus de sécurité au quotidien.
Retenir que la rondelle frein n’est pas un gadget, mais un véritable garant de la longévité des assemblages, change déjà la façon de concevoir un projet d’aménagement ou de rénovation.

Variétés de rondelles frein : élastiques, dentées, coniques et systèmes haute performance
Une fois le rôle compris, reste à faire le tri parmi les nombreuses variétés de rondelles frein disponibles. Toutes ne fonctionnent pas de la même manière, et chacune a son terrain de jeu privilégié. L’erreur classique consiste à utiliser la même rondelle partout, du petit meuble au garde-corps extérieur. Une approche plus fine permet de sécuriser les zones sensibles tout en maîtrisant le budget matériel.
Rondelles élastiques : Grower, Onduflex, Belleville et Trep
Les rondelles dites élastiques misent sur un effet ressort. Elles se déforment légèrement au serrage et cherchent ensuite à reprendre leur forme initiale, maintenant une pression constante sur l’écrou ou la tête de vis. C’est particulièrement utile dans des assemblages soumis à des charges variables ou à des chocs répétés.
Les rondelles Grower, reconnaissables à leur forme d’anneau fendu en hélice, sont parmi les plus connues. On les retrouve sur beaucoup de structures métalliques, des supports d’équipements de chauffage jusqu’aux petites machines d’atelier. Elles sont efficaces sur des vis de taille courante, mais perdent de leur performance après plusieurs cycles de serrage/desserrage. En pratique, elles ne devraient pas être remontées plus de trois ou quatre fois si l’on veut garder un freinage fiable.
Les rondelles Onduflex, avec leur ondulation plus douce, conviennent bien aux supports plus fragiles comme certains profilés aluminium, le bois traité ou les panneaux composites. L’effort est plus progressif, ce qui évite les marquages trop agressifs. Dans un projet de dressing sur rails en alu, par exemple, ce type de rondelle évite de mordre le profilé tout en maintenant la fixation sous tension.
Les rondelles Belleville se présentent sous la forme de coupelles coniques. Leur avantage majeur est la possibilité de calculer précisément la force axiale qu’elles exercent, et d’empiler plusieurs coupelles tête-bêche ou dans le même sens pour ajuster le comportement ressort. Dans l’industrie, c’est un classique. Dans l’habitat, elles rendent de fiers services pour des ancrages techniques (fixations de structures métalliques, appuis de machines lourdes, ouvrages soumis à de fortes dilatations comme les pergolas en acier exposées plein sud).
Les rondelles Trep regroupent plusieurs coupelles en un seul ensemble prêt à poser. Elles offrent l’effet d’un paquet de Belleville sans que l’installateur ait à gérer l’empilement. Sur un chantier où le temps compte, ce type de solution permet de bénéficier d’un freinage performant sans compliquer la pose.
Rondelles à denture : anti-rotation pour les assemblages précis
Autre grande famille : les rondelles dentées, parfois appelées “éventail”. Elles ne jouent pas sur la souplesse, mais sur l’ancrage. De petites dents inclinées viennent mordre la surface de la pièce et empêcher la rotation. Il existe des modèles à denture interne, externe, et des variantes comme les rondelles type Schnorr, qui combinent une forme légèrement conique à des stries sur leurs deux faces.
Les modèles à denture interne se logent sous la tête de vis et conviennent bien aux espaces restreints. Les rondelles à denture externe travaillent plutôt sous les écrous, lorsqu’il y a de la place autour de la fixation. Les rondelles Schnorr ajoutent à cela un léger effet ressort, ce qui augmente encore la résistance au desserrage, en particulier sur les petits diamètres.
Dans les finitions d’un escalier ou d’un garde-corps, ces rondelles se montrent très utiles pour des petits assemblages précis : fixation de platines décoratives, de mains courantes réglables ou de pièces mécaniques de réglage. Attention toutefois aux supports fragiles : les dents marquent la surface, ce qui est acceptable sur l’acier ou certains bois durs, beaucoup moins sur un habillage décoratif délicat.
Tableau comparatif des grands types de rondelles frein
| Type de rondelle frein | Principe de fonctionnement | Usages recommandés dans l’habitat |
|---|---|---|
| Grower | Effet ressort hélicoïdal, déformation à la compression | Structures métalliques courantes, machines légères, fixations intérieures sollicitées |
| Onduflex | Ondulation souple, pression progressive | Assemblages bois/alu, mobilier technique, supports fragiles |
| Belleville / Trep | Coupelle conique, force axiale calculable et modulable | Ancrages de structures, pergolas métalliques, points soumis à fortes dilatations |
| Dentée / Schnorr | Dents ou stries anti-rotation, frottement élevé | Petits diamètres, pièces de réglage, charnières techniques |
| Heico-Lock & systèmes haute performance | Double anneau strié, verrouillage par glissement interne | Points critiques : garde-corps haut, mezzanines, portails lourds, proximité de machines vibrantes |
Sur un chantier de rénovation d’atelier transformé en espace de coworking, ce comparatif a servi de base pour choisir rapidement le bon type de rondelle selon les zones : Grower pour les pieds d’établis, Belleville pour les ancrages de structures métal, dentées pour les petits réglages de cloison mobiles. Une bonne compréhension des variétés disponibles permet ainsi d’éviter les approximations et d’adapter le niveau de sécurité à chaque fixation.
En gardant cette grille de lecture en tête, le choix d’une rondelle frein ne relève plus du hasard, mais d’une logique claire : quel principe mécanique est le plus adapté à la contrainte rencontrée ?
Choisir la rondelle frein optimale : matériaux, dimensions et environnement
Une fois le type de rondelle identifié, le travail n’est pas terminé. Pour une fixation durable, il reste à affiner le choix du matériau et des dimensions. C’est souvent à cette étape que les économies de bout de chandelle coûtent le plus cher plus tard, avec des fixations qui rouillent, marquent les supports ou deviennent inefficaces.
Acier, inox, laiton : quels matériaux pour quelles conditions ?
La règle de base est simple : le matériau de la rondelle doit être en cohérence avec celui de la visserie, du support et de l’environnement. Un ensemble homogène vieillit mieux, limite les risques de corrosion et conserve plus longtemps ses performances mécaniques.
Pour des applications intérieures sèches (structures métalliques d’un sous-sol ventilé, escalier intérieur, mobilier fixe d’atelier), des rondelles freins en acier brut ou traité conviennent largement. Elles offrent une bonne résistance mécanique à un coût raisonnable. Dans un atelier, les pieds d’un établi métallique lourd peuvent par exemple être fixés au sol avec des vis acier et des rondelles Grower en acier traité, sans problème de durabilité si l’humidité est maîtrisée.
Dès que l’on travaille en extérieur ou en milieu humide, la rondelle frein en inox devient presque incontournable. Terrasses, pergolas, garde-corps, portails, abords de piscine, pièces proches d’une douche ou d’un spa : dans ces contextes, une rondelle acier zingué finira tôt ou tard par rouiller. Et une rondelle corrodée perd à la fois son aspect, sa capacité de blocage et peut tacher les matériaux environnants, notamment le bois. Une terrasse en bois exotique fixée avec de la visserie inox A2 ou A4 et des rondelles freins inox adaptées reste propre et fiable plusieurs hivers de suite.
Le laiton, plus tendre et résistant à la corrosion, est réservé à des usages spécifiques : petites fixations décoratives, mécanismes fins, électronique embarquée, pièces sensibles à la corrosion galvanique. On le retrouve davantage dans les équipements techniques ou décoratifs que dans la structure d’un bâtiment. Son intérêt est surtout de limiter les réactions entre métaux différents et d’offrir un aspect discret et qualitatif.
Bien dimensionner la rondelle : diamètres et épaisseur
Au-delà du matériau, la dimension de la rondelle frein est déterminante. Trois paramètres sont à surveiller : le diamètre intérieur, le diamètre extérieur et l’épaisseur.
Le diamètre intérieur doit être légèrement supérieur à celui de la vis. Trop serré, il gêne le montage ou abîme le filet. Trop large, il crée du jeu et réduit l’efficacité du freinage. En pratique, une marge d’environ 0,3 mm au-dessus du diamètre nominal de la vis est souvent retenue. Par exemple, pour une vis M8, un diamètre intérieur de rondelle autour de 8,3 mm donne généralement un bon compromis entre facilité de montage et maintien.
Le diamètre extérieur doit offrir un appui suffisant sur le support. Plus le matériau est tendre (bois, panneau aggloméré, isolant rigide), plus ce diamètre doit être généreux pour répartir la pression et éviter un enfoncement localisé. À l’inverse, sur des platines métalliques épaisses, un diamètre extérieur modéré suffit. Dans une rénovation de garde-corps fixé sur le limon d’un escalier bois, choisir des rondelles freins avec un diamètre extérieur trop faible conduit souvent à des empreintes marquées dans le bois, voire à un écrasement progressif.
L’épaisseur joue sur la capacité de la rondelle à se déformer utilement. Trop fine, elle se tord sans réel effet ressort ou freinage. Trop épaisse, elle modifie la géométrie du montage et peut imposer une vis plus longue, voire surcharger les pièces. L’idéal est de suivre les préconisations des fabricants de visserie ou de se caler sur des gammes normalisées pour éviter les extrêmes.
Prendre en compte la fréquence de démontage
Dernier critère souvent oublié : la fréquence de démontage prévue. Certaines rondelles freins, comme les Grower classiques, ne sont pas pensées pour être démontées et remontées indéfiniment. Leur élasticité décroît avec le temps, ce qui réduit progressivement le freinage. Pour des structures appelées à être régulièrement démontées (stands modulaires, meubles de terrasse démontables, cloisons mobiles), mieux vaut privilégier des rondelles conçues pour un usage répétitif ou accepter l’idée de remplacer la rondelle à chaque remontage.
Sur un projet de stand démontable pour un salon de l’habitat, c’est exactement ce qui a été fait : chaque kit de visserie comprenait non seulement les vis et les écrous, mais aussi des jeux de rondelles freins de rechange. Résultat : même après plusieurs montages et démontages sur différents événements, la structure est restée rigide, sans surprises au moment de l’installation.
Bien choisir matériau et dimensions revient donc à se poser les bonnes questions dès le départ : où sera posée la fixation, sur quoi, pour combien de temps et avec quelle fréquence de démontage. Ce court temps de réflexion au moment de la commande évite bien des ennuis sur le long terme.
Conseils pratiques de montage : installer une rondelle frein efficacement
Une rondelle frein de bonne qualité perd son intérêt si elle est mal montée. Comme pour un joint de carrelage ou un pare-vapeur, l’efficacité dépend autant du produit que du geste. Quelques réflexes simples de montage transforment une rondelle théorique en vraie sécurité mécanique.
Placer la rondelle au bon endroit dans la “pile”
Dans un assemblage type platine – rondelle – écrou, la rondelle frein doit être positionnée là où se produit la rotation lors du serrage. Concrètement, dans la plupart des cas, elle sera placée directement sous l’écrou. Si la vis se visse dans un taraudage intégré (profilé métallique, insert, écrou prisonnier), la rondelle frein prendra alors place sous la tête de vis.
Sur un garde-corps fixé sur le limon d’un escalier, la “pile” classique sera donc : pièce métallique, éventuellement rondelle plate d’appui, rondelle frein, puis écrou. Si l’on inverse rondelle plate et rondelle frein, le dispositif perd une partie de sa capacité à bloquer l’écrou, puisqu’il n’est plus en contact direct avec l’élément qui tourne.
Dans le cas des rondelles à effet ressort, comme les Belleville ou les Grower, l’orientation a aussi son importance. Une coupelle Belleville doit être montée dans le bon sens par rapport à l’écrou ou à la tête de vis, faute de quoi l’effort ressort sera mal exploité. De même, une Grower doit être positionnée de manière à ce que la partie coupée soit bien dans le plan de rotation, et non coincée dans un chanfrein ou un bord de perçage.
Respecter le couple de serrage et la perpendicularité
Autre point clé : le couple de serrage. Serrer trop fort écrase la rondelle et annule son effet élastique. Serrer trop peu ne crée pas assez de tension pour que la rondelle puisse travailler. Sur des éléments critiques (garde-corps, structures métalliques porteuses, fixations proches de machines), l’utilisation d’une clé dynamométrique est une bonne habitude à prendre. Cela peut paraître excessif pour un bricoleur, mais c’est la meilleure façon de s’assurer que le montage est conforme aux préconisations de la visserie.
La perpendicularité de la rondelle par rapport à la vis est tout aussi importante. Une rondelle monté de travers réduit la surface de contact, crée des points de pression localisés et peut finira par se déformer, voire fissurer. Cela se produit notamment si le perçage n’est pas bien d’équerre ou si la surface d’appui est irrégulière. Dans le cas d’une rénovation sur support ancien, il peut être utile de surfacer légèrement la zone d’appui ou d’ajouter d’abord une rondelle plate large, puis la rondelle frein par-dessus.
Préparer les surfaces et gérer les rondelles “fatiguées”
Pour que les rondelles dentées ou striées fonctionnent correctement, les surfaces de contact doivent être propres et suffisamment dures. Une épaisse couche de peinture souple ou de rouille peut empêcher les dents de mordre efficacement. Sur une structure métallique ancienne, il est souvent nécessaire de gratter, poncer ou brosser la zone de contact avant de remonter la fixation avec la rondelle frein.
Les rondelles élastiques, de leur côté, ont une durée de vie limitée lorsqu’elles sont démontées régulièrement. Après plusieurs serrages, elles peuvent présenter des traces d’écrasement permanent ou une ouverture modifiée pour les Grower. Dans ce cas, il est préférable de les remplacer plutôt que de les réutiliser. Une rondelle frein fatiguée, c’est un peu comme un chevillé plastique déjà élargie : elle tient en place, mais ne fait plus correctement son travail.
Bonnes pratiques de montage : synthèse
| Geste de montage | Intérêt | Risque si ignoré |
|---|---|---|
| Placer la rondelle du côté de l’élément qui tourne (écrou ou tête de vis) | Assure que la rondelle participe réellement au freinage | Rondelle transformée en simple cale, freinage quasi nul |
| Respecter le couple de serrage recommandé | Préserve l’effet ressort et la tension résiduelle | Écrasement de la rondelle ou desserrage progressif |
| Poser la rondelle bien à plat et perpendiculaire | Répartition homogène des efforts, maintien durable | Déformation, fissure, marquage du support |
| Nettoyer peinture épaisse, graisse ou rouille sur la zone d’appui | Permet aux dents ou stries de s’ancrer dans le matériau | Glissement, efficacité réduite, corrosion accélérée |
| Remplacer les rondelles freins visiblement déformées | Maintient le niveau de sécurité initial | Baisse progressive du freinage, jeu dans l’assemblage |
Sur un chantier de surélévation bois avec une terrasse métallique, l’application de ces règles a permis d’éviter un problème fréquent : les fixations de garde-corps à resserrer tous les printemps. En soignant la position, le couple de serrage et l’état des rondelles freins, le garde-corps est resté parfaitement stable plusieurs saisons de suite. Preuve que, même pour une pièce aussi discrète, le geste fait toute la différence.
Adopter ces automatismes de montage, c’est transformer une simple “habitude de pro” en vrai standard de qualité pour la maison.
Applications concrètes des rondelles frein dans les projets d’habitat
Comprendre le fonctionnement et le choix des rondelles freins prend tout son sens lorsqu’on les replace dans des projets concrets d’habitat. C’est là que l’on voit la différence entre une maison qui “tient” bien dans le temps et une autre où l’on passe son temps à resserrer, recaler et réparer.
Dans les aménagements extérieurs, la rondelle frein est particulièrement utile. Une terrasse bois ou composite, soumise au vent, au soleil, à la pluie et aux variations de température, fait subir de nombreuses contraintes aux ancrages de la structure : platines de poteaux, sabots métalliques, garde-corps, escalier d’accès. En plaçant des rondelles freins inox sur les points d’ancrage principaux, on limite fortement les desserrages saisonniers. Résultat : moins de bruit, moins de mouvements parasites et surtout moins de passages annuels à quatre pattes pour resserrer tout ce qui bouge.
Autre cas fréquent : les pergolas et carports métalliques. Ces structures, souvent en acier ou en aluminium, se comportent un peu comme des voiles lorsqu’elles sont exposées au vent. Les poteaux et les platines d’ancrage reçoivent des efforts répétés. Associer ici une visserie inox ou acier traité à des rondelles freins adaptées (élastiques pour gérer la dilatation, haute performance type Heico-Lock pour les zones très exposées) augmente nettement la durée de vie de l’ouvrage et rassure l’utilisateur final.
À l’intérieur de la maison, la visserie des escaliers métalliques mérite également une attention particulière. Les vibrations et les chocs répétés liés au passage des occupants, surtout dans les familles nombreuses, ont vite fait de détendre les assemblages. Là encore, le choix de rondelles freins adaptées sous les écrous des limons, des platines murales et des fixations de garde-corps évite les grincements, les marches qui “jouent” et les resserrages récurrents.
Dans un atelier ou un garage, les rondelles freins trouvent aussi toute leur place sur les machines vibrantes : compresseur, scie à onglet sur bâti, touret à meuler, groupe électrogène. Fixer leurs supports au sol ou sur un établi avec des rondelles élastiques ou dentées bien dimensionnées réduit les déplacements involontaires, les nuisances sonores et les risques de casse de conduites ou de câbles électriques.
Enfin, le mobilier lui-même profite de cette petite pièce. Un meuble sur roulettes régulièrement déplacé dans une cuisine ou un atelier finit par perdre de sa rigidité si ses assemblages ne sont pas sécurisés. Remplacer les rondelles plates par des rondelles freins sur les fixations principales des pieds peut suffire à prolonger nettement sa durée de vie utile, sans modification majeure de la conception.
Dans tous ces cas, le principe reste le même : identifier les fixations soumises à des contraintes répétées (vibrations, chocs, dilatations, vent) et y associer correctement une rondelle frein. Cet effort de réflexion, au moment du choix de la visserie, permet d’anticiper beaucoup de problèmes de maintenance et de sécurité. C’est là que la rondelle frein passe du statut de petite pièce anonyme à celui d’alliée précieuse pour un habitat plus fiable et plus serein.
À quoi sert précisément une rondelle frein dans un projet de rénovation ?
Une rondelle frein sert à empêcher le desserrage progressif des vis et des écrous soumis aux vibrations, aux chocs ou aux variations de charge. Dans un projet de rénovation, elle stabilise par exemple un garde-corps, une pergola, un escalier métallique ou un meuble sur roulettes. Elle maintient une tension résiduelle dans l’assemblage ou augmente le frottement entre les pièces, ce qui limite les resserrages fréquents et améliore la sécurité au quotidien.
Quelle rondelle frein privilégier pour une terrasse ou une pergola extérieure ?
Pour les terrasses et pergolas en extérieur, il est recommandé d’utiliser des rondelles freins en inox, résistantes à la corrosion. Les rondelles élastiques (type Grower ou Onduflex) conviennent bien pour absorber les petites dilatations et mouvements, tandis que les rondelles Belleville ou les systèmes haute performance peuvent être réservés aux points critiques comme les ancrages de garde-corps ou de poteaux fortement exposés au vent. L’essentiel est d’adapter le diamètre et l’épaisseur au diamètre de la vis et à la fragilité du support.
Peut-on réutiliser une rondelle frein plusieurs fois ?
Certaines rondelles freins, notamment les modèles élastiques comme les Grower, peuvent être réutilisées quelques fois mais perdent progressivement leur efficacité à chaque nouveau serrage. Au-delà de trois ou quatre cycles serrage–desserrage, leur capacité de blocage diminue nettement. Pour des assemblages démontés régulièrement, il vaut mieux soit choisir des rondelles conçues pour un usage répété, soit prévoir le remplacement systématique de la rondelle lors de chaque remontage.
Faut-il installer des rondelles freins sur toutes les vis d’un chantier ?
Il n’est pas nécessaire de placer des rondelles freins sur toutes les vis. On les réserve en priorité aux fixations soumises à des vibrations, des chocs, des variations thermiques ou jouant un rôle de sécurité : garde-corps, escaliers métalliques, pergolas, portails, machines d’atelier, structures métalliques porteuses. Pour les fixations purement décoratives ou peu sollicitées, une rondelle plate standard peut suffire. L’important est d’identifier les points sensibles et de les sécuriser en priorité.
Comment vérifier qu’une rondelle frein est bien installée ?
Une rondelle frein est bien installée lorsqu’elle est positionnée côté élément tournant (écrou ou tête de vis), posée à plat, perpendiculaire à la vis et serrée avec le couple approprié. Elle doit être en contact direct avec l’écrou ou la tête de vis, sur une surface propre, sans couche de peinture molle ni rouille épaisse. Après montage, l’assemblage ne doit présenter ni jeu perceptible ni sensation de vissage trop “mou”. Si la rondelle est visiblement écrasée ou déformée de façon permanente, il est préférable de la remplacer.


