L’humidité qui grimpe dans les murs et finit par détériorer les plaques de plâtre n’est ni un simple problème de peinture, ni un détail esthétique. En 2026, avec des exigences renforcées sur la salubrité des logements, la performance énergétique et les diagnostics type DPE, ignorer les remontées capillaires peut coûter cher. Elles touchent à la fois la structure, le confort, la santé des occupants et la valeur de la maison, surtout dans les bâtis anciens ou les rénovations partielles où le placo a parfois été posé trop vite, sans réflexion sur l’humidité du support.
Comprendre le lien entre remontées capillaires et plaques de plâtre permet de reprendre la main sur son habitat. Quand traiter le mur et quand refaire le placo ? Comment éviter de payer deux fois les mêmes travaux ? Quelles solutions techniques sont réellement efficaces aujourd’hui : injection, drainage, électro-osmose, placo hydrofuge, isolants imputrescibles ? En s’appuyant sur du bon sens de chantier, l’objectif est d’aider à faire les bons choix, sans se laisser embarquer ni dans la panique, ni dans les « solutions miracles » qui masquent le problème sans le régler.
Les propriétaires comme Sophie et Marc, qui ont acheté une maison ancienne rénovée un peu vite, se retrouvent souvent face à des cloisons gondolées, des taches persistantes et des odeurs de renfermé après quelques hivers. Leur histoire ressemble à celle de beaucoup de foyers : travaux cosmétiques d’abord, diagnostic tardif ensuite, puis prise de conscience qu’il faut intervenir à la source. C’est précisément là que les bons réflexes font la différence : lire les signes, poser un diagnostic sérieux, hiérarchiser les travaux et choisir le bon montage de placo pour que la rénovation tienne vraiment dans le temps.
En bref
- Agir à la source : traiter les remontées capillaires dans la maçonnerie avant de toucher au placo, sinon les dégâts reviennent.
- Observer les bons signaux : taches au bas des murs, salpêtre, odeur de cave, placo mou ou gondolé sont des indicateurs à ne pas minimiser.
- Penser santé et DPE : un mur humide dégrade la qualité de l’air, refroidit la maison et impacte directement la note énergétique.
- Choisir des solutions cohérentes : combinaison injection + drainage + ventilation, plutôt que peindre ou coller un nouveau placo sur un mur malade.
- Adopter des matériaux adaptés : placo hydrofuge, ossature métallique, isolants imputrescibles et protection en pied de cloison pour limiter les risques.
- Sécuriser son projet immobilier : dans l’achat, la rénovation ou la revente, un diagnostic sérieux de l’humidité évite les mauvaises surprises et les vices cachés.
Remontées capillaires et plaques de plâtre : comprendre le phénomène pour décider des bons travaux
Avant de parler devis et solutions, il est essentiel de bien comprendre ce qui se joue dans un mur qui « boit » l’eau du sol et contamine ensuite le placo. Les remontées capillaires, ou humidité ascensionnelle, décrivent la migration de l’eau depuis le terrain vers les maçonneries poreuses : briques, pierres, parpaings, vieux mortiers. Le mur se comporte comme une éponge : en l’absence de coupure de capillarité dans les fondations, l’eau progresse lentement, parfois jusqu’à 80 cm ou 1 m de hauteur, selon la nature du sol et des matériaux.
Sur un mur nu, les indices sont visibles : auréoles, salpêtre, enduit qui s’effrite, peinture qui cloque. Dès qu’une contre-cloison en placo vient se coller ou se plaquer dessus, le problème se cache. L’humidité reste piégée entre mur et doublage, se diffuse dans l’isolant, se condense dans ce volume étroit, puis finit par déformer ou noircir les plaques de plâtre. Le placo ne fait alors que révéler un désordre déjà en place dans la structure.
Pour un propriétaire, l’enjeu est de distinguer cette humidité ascensionnelle d’autres causes possibles : condensation intérieure, infiltration de façade, fuite de canalisation. Une erreur de diagnostic, et c’est tout le plan de travaux qui part de travers. Un peu comme si l’on changeait les pneus d’une voiture alors que c’est le moteur qui est HS.
- Remontées capillaires : eau venant du sol, traînée horizontale d’humidité au bas des murs.
- Condensation : excès de vapeur d’eau dans l’air intérieur qui se dépose sur les parois froides.
- Infiltrations : eau de pluie ou ruissellement qui pénètre par fissure, toiture, joint ou façade.
- Fuite de réseau : canalisation d’eau ou d’évacuation défectueuse qui humidifie localement.
En 2026, les pros sérieux conjuguent observation du bâti, mesures d’humidité dans les matériaux et analyse du mode de vie du foyer (aération, chauffage, usage des pièces) avant de trancher. Les solutions ne seront pas les mêmes si l’on traite une vieille longère en pierre située en terrain argileux, ou un pavillon des années 80 mal ventilé.
| Cause d’humidité | Comportement de l’eau | Impact sur placo | Première piste de traitement |
|---|---|---|---|
| Remontées capillaires | Montée verticale par porosité des murs | Taches au bas des cloisons, salpêtre, déformation | Coupure de capillarité (injection, autres systèmes) |
| Condensation | Vapeur d’eau qui se condense sur zones froides | Moisissures en haut de mur et angles | Ventilation, réduction de l’humidité intérieure |
| Infiltrations latérales | Arrivée d’eau par façade ou pied de mur enterré | Taches localisées, souvent après pluie | Étanchéité de façade, drainage, reprise de maçonnerie |
| Fuite de réseau | Humidification continue autour de la fuite | Zone très humide, parfois chaude au toucher | Réparation de la canalisation, séchage |
Pour ceux qui envisagent d’investir dans une maison ancienne, intégrer ces mécanismes d’humidité dans la réflexion dès la visite évite les illusions sur un simple « coup de peinture » suffisant à remettre le bien à niveau. Un mur qui boit, c’est un chantier structurel, pas juste un travail de déco.
En clair, sans compréhension du phénomène, les décisions de travaux sont souvent bancales, et le placo devient un simple cache-misère qui finit toujours par parler.

Signes d’alerte sur les plaques de plâtre : comment repérer les remontées capillaires à temps
Dans la plupart des maisons, l’histoire commence discrètement : une petite tache au bas d’un mur, un papier peint qui se décolle, une odeur de renfermé dans un couloir peu utilisé. Les remontées capillaires se manifestent lentement, mais laissent des indices très caractéristiques quand on sait quoi regarder, notamment sur les cloisons en placoplâtre.
Dans la maison de Sophie et Marc, achetée en 2024, quelques cloques sur la peinture du rez-de-chaussée avaient été mises sur le compte d’une « vieille rénovation ». Deux hivers plus tard, le bas des cloisons a commencé à gondoler, et des moisissures sont apparues derrière un buffet. Le diagnostic a mis en évidence des murs porteurs humides, doublés en placo collé, sans aucun traitement préalable des remontées capillaires. Un cas d’école.
Pour éviter ce type de scénario, repérer les bons signaux au bon moment est déterminant. Un mur ne se dégrade pas du jour au lendemain, il envoie des messages à chaque saison.
- Taches diffuses au bas des murs : brun, gris, jaune, qui reviennent malgré la peinture.
- Placo gondolé ou mou : au toucher, la plaque semble « spongieuse » sur les 30 à 60 premiers centimètres.
- Présence de salpêtre : petits dépôts blancs ou poudreux au niveau des plinthes.
- Moisissures locales : surtout derrière les meubles collés au mur, dans les pièces peu ventilées.
- Odeur persistante : impression de cave, de linge humide, même après aération.
Ces symptômes ne sont pas tous spécifiques aux remontées capillaires, mais leur localisation et leur répétition dans le temps donnent de précieuses indications. L’important est d’éviter deux erreurs fréquentes : lessiver et repeindre sans chercher l’origine, ou attribuer systématiquement le problème à une « mauvaise peinture » ou à une « petite fuite » imaginaire.
| Signal observé sur le placo | Probabilité de remontées capillaires | Autres causes possibles | Réflexe prioritaire |
|---|---|---|---|
| Taches uniquement sur le bas des murs | Forte | Infiltration par trottoir, fuite de réseau bas | Inspecter pied de mur extérieur et mesurer humidité |
| Moisissures en haut de cloison, près du plafond | Faible à moyenne | Condensation liée à mauvaise ventilation | Contrôler VMC, aération, taux d’humidité de l’air |
| Peinture qui cloque + salpêtre à 50–80 cm | Très forte | Remontées combinées à infiltration ponctuelle | Demander un diagnostic humidité complet |
| Odeur de renfermé sans taches visibles | Variable | Moisissures cachées derrière meubles ou doublages | Déplacer mobilier, inspecter plinthes et angles |
Pour confirmer les soupçons, plusieurs approches sont utiles. Les petits hygromètres grand public donnent une tendance sur l’humidité de l’air, mais restent insuffisants pour décider de travaux lourds. Les pros utilisent plutôt une combinaison de mesure dans les matériaux, contrôle des façades et parfois thermographie infrarouge pour repérer les zones froides favorables à la condensation.
Cette phase d’observation peut être complétée par une réflexion globale sur la maison. Les propriétaires qui veulent rénover une maison eux-mêmes ont tout intérêt à commencer par un état des lieux sérieux de l’humidité, de l’isolation et de la ventilation, plutôt que par un coup de ponceuse sur le placo.
- Surveiller l’évolution des taches au fil des saisons.
- Noter les liens entre épisode pluvieux et apparition d’auréoles.
- Tester plusieurs points du mur pour repérer une « ligne » d’humidité.
- Comparer pièces chauffées et zones peu utilisées (couloir, dépendance).
En résumé, plus les remontées capillaires sont détectées tôt, plus les travaux restent ciblés et raisonnables. Attendre que le placo se décolle du rail, c’est accepter de repartir quasiment de zéro sur toute la cloison.
Impact des remontées capillaires sur confort, santé et valeur du logement en 2026
Les remontées capillaires ne se limitent pas à faire « moche » au bas des murs. Elles pèsent sur trois points majeurs : la santé des occupants, le confort thermique et acoustique, et la valeur patrimoniale du bien. En 2026, où l’attention portée à la qualité de l’air, aux DPE et à la décence des logements s’est renforcée, ces effets sont scrutés de près, notamment par les banques et les acheteurs.
Dans le cas de Sophie et Marc, les conséquences se sont vite fait sentir. Leur fils, asthmatique, supportait de moins en moins bien la chambre dont les cloisons présentaient des taches et des moisissures en partie basse. En parallèle, la maison était difficile à chauffer : thermostat à 21 °C, mais sensation de parois glaciales et facture de gaz en hausse. Lorsqu’ils ont envisagé une éventuelle revente, l’agent immobilier leur a clairement indiqué qu’un assainissement des murs serait exigé par tout acheteur informé.
Un mur humide derrière le placo devient un véritable incubateur à champignons et bactéries. L’air intérieur est chargé de spores, invisibles mais bien présentes, que les occupants respirent en continu.
- Allergies et troubles respiratoires : nez pris, toux, crises d’asthme plus fréquentes.
- Fatigue et maux de tête : liés à un air vicié, peu renouvelé.
- Fragilisation des plus vulnérables : enfants, personnes âgées, personnes immunodéprimées.
De nombreuses études en santé publique confirment cette corrélation entre humidité du logement et pathologies respiratoires. Assainir les bas de murs n’est donc pas uniquement une question de finition soignée, c’est un investissement pour la santé du foyer.
Côté performance énergétique, l’eau présente dans les matériaux agit comme un véritable pont thermique. Un mur imbibé conduit la chaleur beaucoup plus vite vers l’extérieur et refroidit l’ambiance intérieure.
| Effet de l’humidité | Conséquence directe | Impact sur le quotidien | Enjeu 2026 |
|---|---|---|---|
| Murs saturés d’eau | Parois froides | Besoin de chauffer plus pour le même confort | Note de DPE dégradée, surconsommation énergétique |
| Placo et isolant dégradés | Isolation thermique et phonique affaiblie | Bruits plus présents, sensation de courant d’air | Travaux d’isolation à reprendre plus tôt que prévu |
| Moisissures visibles | Aspect négligé | Méfiance des visiteurs et acheteurs | Négociation à la baisse, risque de décote importante |
Sur le plan immobilier, les traces d’humidité derrière le placo ou au bas des murs sont aujourd’hui un vrai signal d’alarme pour les acheteurs avertis. Certains n’hésitent plus à faire intervenir des experts en humidité avant de s’engager, bien conscients que ce type de désordre peut se transformer en vice caché si le vendeur n’en parle pas clairement.
Pour les propriétaires qui souhaitent aménager une maison ancienne tout en préservant son charme, il est donc judicieux d’intégrer le traitement des remontées capillaires et la rénovation des doublages dans une stratégie globale : confort, santé, esthétique et valeur de revente vont ensemble. Un enduit respirant assorti d’un doublage bien conçu fera toujours meilleure impression qu’une peinture récente qui cloque déjà .
- Réviser la ventilation (VMC, bouches, entrées d’air) pour limiter la condensation.
- Contrôler régulièrement les murs sensibles, surtout après gros épisodes pluvieux.
- Demander des diagnostics précis avant d’engager des travaux lourds.
- Conserver les rapports et factures de traitement pour rassurer un futur acheteur.
Au final, traiter sérieusement les remontées capillaires et leurs effets sur le placo, c’est sécuriser son confort au quotidien tout en préservant la valeur du patrimoine sur le long terme.
Traiter les remontées capillaires avant le placo : techniques, coûts et ordre logique des travaux
Une fois les remontées capillaires identifiées, la tentation est grande de se précipiter sur le placo abîmé. Pourtant, le bon sens de chantier impose l’ordre inverse : traiter la cause dans la maçonnerie, puis refaire les cloisons. Sinon, le mur continue d’aspirer l’eau du sol, et les nouvelles plaques se retrouvent rapidement dans le même état que les anciennes.
Les solutions techniques disponibles en 2026 se répartissent en plusieurs grandes familles. Le choix dépend de la configuration du bâtiment, de la nature des murs, de l’accessibilité des fondations et du budget. Il n’existe pas de recette unique, mais des combinaisons à adapter.
- Injection de résine hydrophobe : création d’une barrière horizontale anti-capillarité dans l’épaisseur du mur.
- Drainage périphérique : réduction de la pression d’eau autour des fondations et évacuation de l’eau vers un exutoire.
- Électro-osmose : inversion ou perturbation du flux d’eau dans certains ouvrages (usage plus spécifique).
- Reprise des enduits : suppression des enduits ciment étanches et pose d’enduits respirants favorisant le séchage.
L’erreur classique consiste à se contenter d’une « peinture anti-humidité » ou d’un enduit miracle. Ces produits peuvent ponctuellement améliorer l’aspect, mais sans coupure de capillarité ni gestion de l’eau autour du bâtiment, le problème finira par ressurgir ailleurs, souvent de manière plus violente.
| Solution | Rôle principal | Situation typique d’usage | Ordre de coût 2026 |
|---|---|---|---|
| Injection de résine | Créer une barrière étanche dans le bas du mur | Murs en brique / parpaing accessibles, maison individuelle | Environ 3 000 à 6 000 € pour une maison moyenne |
| Drainage périphérique | Éloigner l’eau des fondations | Terrain humide, murs enterrés, jardin en contrebas | Autour de 8 000 €, très dépendant du terrain |
| Électro-osmose | Modifier le déplacement de l’eau dans la maçonnerie | Murs épais, monuments, configurations complexes | Variable, étude au cas par cas |
| Reprise des enduits + ventilation | Permettre au mur de sécher et limiter la condensation | Maisons anciennes avec enduits ciment étanches | À chiffrer selon surface et finitions |
Pour éviter de dépenser à tort et à travers, un enchaînement logique des travaux est recommandé. Dans une maison ancienne par exemple, il est pertinent de réfléchir aux remontées capillaires en parallèle des projets d’isolation. Ceux qui envisagent par exemple de isoler une vieille maison par l’extérieur ont intérêt à vérifier l’état des murs bas et leur capacité à gérer l’humidité, sous peine de piéger l’eau entre isolation et maçonnerie.
- Faire diagnostiquer précisément l’origine de l’humidité (remontées, infiltrations, condensation).
- Choisir une ou plusieurs solutions structurelles (injection, drainage, enduits respirants).
- Laisser aux murs le temps de sécher partiellement après le traitement.
- Prévoir ensuite la rénovation des doublages placo, en intégrant l’isolation et la ventilation.
Une façon pragmatique de voir les choses : chaque euro mis dans la structure (mur sain, coupure de capillarité, drainage) économise plusieurs euros de placo, peinture et décoration à refaire dans cinq ans. Un mur sec est une base solide sur laquelle on peut construire durablement.
Reconstruction des cloisons en plaques de plâtre après traitement : choix des matériaux et bonnes pratiques
Une fois la maçonnerie traitée et l’humidité sous contrôle, vient la phase visible : refaire les cloisons en plaques de plâtre. C’est là que se joue la durabilité de la rénovation. Un doublage mal conçu, comme un placo collé directement sur un mur encore humide, revient à poser un couvercle hermétique sur une cocotte-minute.
Dans la maison de Sophie et Marc, la décision a été prise de déposer tout le doublage sur les murs les plus touchés, d’évacuer l’isolant moisi et de remonter une contre-cloison indépendante sur ossature métallique, avec placo hydrofuge en rez-de-chaussée. Le chantier a été plus lourd que prévu, mais le résultat est net : murs plus chauds, air plus sain, et plus aucune tache deux hivers après.
- Déposer généreusement : retirer le placo sur toute la hauteur concernée, pas seulement sur 20 cm.
- Assainir le mur support : brossage, aspiration, traitement éventuel anti-salpêtre.
- Laisser sécher : respecter le délai conseillé par le professionnel ayant traité les remontées.
- Repenser la conception : type de plaque, mode de fixation, isolant, ventilation de la paroi.
La question du montage se pose alors : placer un nouveau placo collé ou monter une ossature avec rails ? Les montages sans rails, évoqués par ceux qui veulent gagner du temps ou quelques centimètres, peuvent vite montrer leurs limites en contexte humide. Il est utile de se pencher sur les conseils de pose détaillés, comme ceux abordés lorsqu’on se demande comment installer du placo sans rails, pour comprendre dans quels cas cette solution reste acceptable… et dans quels autres elle devient risquée.
| Élément de la cloison | Option recommandée | Atout principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Type de plaque | Placo hydrofuge (plaques vertes) en zones sensibles | Meilleure tenue en cas d’humidité accidentelle | Ne remplace pas un vrai traitement de remontées |
| Structure | Ossature métallique sur rails, désolidarisée du mur | Limite les transferts d’humidité et facilite la ventilation | Nécessite une pose soignée et bien plane |
| Isolant | Laine de roche, chanvre, liège, isolants imputrescibles | Résistent mieux aux éventuels retours d’humidité | Épaisseur adaptée à la place disponible |
| Pied de cloison | Film plastique en relevé + mousse PU si nécessaire | Crée une barrière contre l’humidité résiduelle de la chape | Étanchéité à soigner sur toute la longueur |
Un autre point à ne pas négliger : la circulation d’air. Une cloison parfaitement étanche mais posée contre un mur encore légèrement humide peut piéger des micro-condensations. Laisser un léger vide technique bien pensé, éviter de coller des meubles massifs contre ces parois, prévoir des grilles de transfert dans certaines pièces, sont des gestes simples qui prolongent la vie du placo.
- Utiliser des plaques hydrofuges dans les pièces en contact avec le sol (rez-de-chaussée, sous-sol aménagé).
- Prévoir des plinthes démontables pour faciliter les contrôles ultérieurs.
- Soigner les joints entre plaque et sol pour éviter les remontées d’eau de lavage.
- Adapter le choix des revêtements (éviter certains papiers peints fragiles en zone sensible).
L’idée directrice à garder : imaginer comment la cloison réagirait si l’humidité revenait. Un système démontable sur ossature, avec isolant adapté, encaisse bien mieux les aléas qu’un placo collé directement sur un mur douteux.
Remontées capillaires, projet global de rénovation et erreurs fréquentes à éviter en 2026
Les remontées capillaires se retrouvent rarement seules sur le banc des accusés. Elles s’invitent souvent dans des projets plus larges : rénovation complète, transformation d’une grange, aménagement d’une pièce en rez-de-chaussée ou en sous-sol. C’est là que la coordination des travaux prend tout son sens, pour éviter de refaire deux fois le même chantier.
Les propriétaires qui souhaitent rénover une maison ancienne en préservant son charme tout en gagnant en confort tombent régulièrement dans les mêmes pièges. Ils refont les sols et le placo avant de s’occuper de l’humidité. Ils isolent fortement des murs encore humides sans prévoir de respirabilité ni de ventilation. Ou ils se fient à des solutions rapides, parfois poussées par des commerciaux plus à l’aise avec les arguments qu’avec les réalités du terrain.
- Refaire la déco avant de traiter l’humidité : les peintures et papiers ne tiennent pas sur un support malade.
- Chercher une solution unique : chaque maison a son mix (terrain, murs, climat, usage).
- Sous-estimer les délais de séchage : un mur ne sèche pas en une semaine après traitement.
- Négliger l’avis de pros qualifiés : un bon diagnostic évite souvent des milliers d’euros de travaux incohérents.
À l’inverse, une approche globale et structurée apporte des résultats durables. Cela passe par une hiérarchisation des priorités : d’abord l’assainissement (eau, humidité, ventilation), ensuite l’isolation, enfin les finitions. Cette logique, détaillée dans de nombreux retours d’expérience, rejoint les étapes clés présentées lorsqu’on aborde la question de rénover une maison soi-même.
| Étape | Objectif principal | Interaction avec les remontées capillaires | Conseil pratique |
|---|---|---|---|
| 1. Diagnostic complet | Comprendre l’état global du bâti | Identifier clairement la part des remontées dans l’humidité | Inclure murs, sols, ventilation, toiture |
| 2. Assainissement | Traiter eau, remontées, infiltrations | Stopper l’arrivée d’eau par les murs bas | Combiner éventuellement plusieurs techniques |
| 3. Isolation et doublages | Améliorer confort et DPE | Adapter matériaux et montages à l’historique d’humidité | Privilégier solutions respirantes et démontables |
| 4. Finitions | Aspect esthétique et décoratif | Appliquer sur un support sain et stabilisé | Choisir peintures et revêtements compatibles |
Pour les projets ambitieux, comme la transformation d’une ferme en résidence principale ou l’ouverture de grands volumes, cette logique évite d’enchaîner les déconvenues. Ceux qui souhaitent moderniser une maison ancienne tout en gardant son âme le constatent vite : ce sont souvent les travaux invisibles – drainage, injection, reprise de maçonnerie – qui font la vraie différence sur le confort et la pérennité.
- Ne jamais signer un gros devis « miracle » sans deuxième avis.
- Documenter chaque intervention (photos, rapports, factures).
- Prévoir un budget tampon pour les imprévus liés à l’humidité.
- Penser à la revente ou à la mise en location dès la conception du projet.
Au final, aborder les remontées capillaires et leurs effets sur les plaques de plâtre comme un volet plein et entier du projet, et non comme un détail, permet d’éviter le stress, les surcoûts et les « chantiers sans fin » qui épuisent les propriétaires.
Comment différencier remontées capillaires et condensation sur un mur avec placo ?
Les remontées capillaires se manifestent surtout au bas des murs, par une bande d’humidité plus ou moins horizontale, souvent accompagnée de salpêtre et d’un placo gondolé ou mou. La condensation apparaît plutôt en partie haute des parois, dans les angles et près des fenêtres, sous forme de moisissures superficielles. Observer la localisation des taches, leur évolution avec la météo et faire mesurer l’humidité dans le mur support permet de trancher de façon fiable.
Faut-il absolument traiter les remontées capillaires avant de changer les plaques de plâtre ?
Oui. Reposer du placo neuf sur un mur où l’eau continue de remonter revient à coller un cache-misère. L’humidité finira par réapparaître et dégrader à nouveau les cloisons. La priorité reste toujours de stopper ou de réduire fortement la remontée d’eau dans la maçonnerie (injection, drainage, reprise d’enduits), puis de laisser sécher avant de reconstruire les doublages.
Le placo hydrofuge suffit-il pour protéger une cloison des remontées capillaires ?
Le placo hydrofuge résiste mieux aux éclaboussures et aux ambiances humides, mais il ne bloque pas les remontées capillaires dans un mur. C’est une protection complémentaire utile en rez-de-chaussée ou en pièce d’eau, à condition que la cause de l’humidité ascensionnelle ait déjà été traitée. Utilisé seul, il ne fait que retarder l’apparition des dégâts.
Combien de temps attendre entre un traitement par injection et la repose du placo ?
Le délai dépend de la nature du mur, de son épaisseur et de son niveau d’humidité initial. En général, le séchage s’étale sur plusieurs semaines à plusieurs mois. Le professionnel qui réalise l’injection fournit un délai indicatif et peut contrôler l’humidité résiduelle avant que les cloisons soient refermées. Mieux vaut patienter un peu que refermer trop vite et piéger l’eau.
Les remontées capillaires peuvent-elles être considérées comme vice caché lors d’un achat immobilier ?
Oui, à condition que le problème existait avant la vente, qu’il n’était pas décelable par un acheteur normalement attentif, et qu’il affecte réellement l’usage ou la valeur du bien. Une expertise indépendante est alors indispensable pour prouver l’antériorité et l’ampleur du désordre. Selon les cas, cela peut conduire à une renégociation amiable ou à une action en justice pour obtenir une réduction du prix ou une prise en charge des travaux.


