Un mur qui se tache au ras du sol, une peinture qui cloque malgré un coup de rouleau tout récent, une odeur de renfermé qui s’installe dans le séjour… Dans beaucoup de maisons, ces signes ne sont pas de simples défauts de finition, mais le résultat de remontées capillaires. L’eau remonte du sol par les fondations et les murs jouent malgré eux le rôle d’éponge. Sans traitement adapté, le problème ne se limite pas à l’esthétique : le bâti s’affaiblit, le confort thermique diminue, et la qualité de l’air intérieur se dégrade. L’enjeu consiste donc à couper ce phénomène à la source, puis à aider les parois à sécher correctement, sans créer de nouveau piège à humidité.
Dans une maison ancienne de centre-bourg comme dans un pavillon des années 1980 entouré de dalles béton, les causes ne sont pas tout à fait les mêmes, mais les conséquences se ressemblent. Les occupants constatent des auréoles en bas de mur, du salpêtre, des plinthes qui gondolent, parfois des moisissures derrière les meubles. Les travaux de rénovation mal pensés, les sols extérieurs trop imperméables ou encore les enduits ciment fermés peuvent aggraver la situation. C’est ici que le bon sens de chantier fait la différence : avant de sortir le rouleau, il faut comprendre d’où vient l’eau, comment elle circule dans les matériaux, et quel traitement va vraiment stopper sa progression au lieu de la masquer.
Au fil de ce contenu, plusieurs axes sont abordés : comment reconnaître une vraie remontée capillaire et la distinguer d’une simple condensation, pourquoi certaines maisons y sont particulièrement exposées, quelles sont les solutions efficaces pour éliminer l’humidité des murs (injection d’hydrofuge, drainage, électro-osmose, enduits respirants…), et comment organiser les travaux pour éviter les surcoûts. L’idée n’est pas de multiplier les produits, mais de construire une stratégie cohérente : diagnostic, traitement de base, remise en état intérieure, puis prévention autour de la maison. À chaque étape, l’objectif reste le même : retrouver des murs sains, solides et confortables à vivre.
En bref
- Repérer les vrais signes de remontées capillaires : traces en vagues au bas des murs, salpêtre, enduits qui sonnent creux, odeur lourde au rez-de-chaussée.
- Ne pas confondre avec la condensation qui touche plutôt les angles froids, les vitrages et les zones derrière les meubles.
- Comprendre les causes : absence de coupure de capillarité, sols extérieurs trop imperméables, matériaux poreux qui « boivent » l’eau du sol.
- Choisir un traitement solide : injection d’hydrofuge, drainage périphérique quand c’est possible, électro-osmose pour certains bâtis anciens.
- Soigner les finitions : enduits respirants, gestion des sels minéraux, éviter les peintures et revêtements trop fermés.
- Prévenir la récidive : gérer l’eau de pluie, surveiller les dalles et trottoirs, ventiler correctement et contrôler régulièrement les murs.
Remontées capillaires : reconnaître les signes d’humidité ascensionnelle sur les murs
Avant de se lancer dans les devis et les travaux, le premier enjeu est simple : savoir si l’on a vraiment affaire à des remontées capillaires. Un mauvais diagnostic conduit presque toujours à des dépenses inutiles. Quand l’humidité vient du sol et remonte dans les murs, les indices suivent un schéma assez typique, à la fois visuel et sensoriel. Comprendre ce schéma permet d’écarter d’autres causes comme les infiltrations de façade ou la condensation intérieure liée à un manque de ventilation.
La remontée capillaire concerne principalement la zone basse des murs, côté intérieur comme côté façade. Les traces ne forment pas une ligne bien nette, mais montent en vagues irrégulières, souvent entre 10 et 80 cm de haut selon la nature du support. Sur un enduit, on observe des auréoles sombres, des cloques, voire des parties qui se décollent et sonnent creux au tapotement. Sur un mur peint, la finition peut se boursoufler puis tomber par plaques. Sur un parement en briques ou en pierres, les joints se pulvérisent et la surface blanchit.
Ce blanchiment est lié au salpêtre, un dépôt de sels minéraux que l’eau entraîne en traversant la maçonnerie. Une fois en surface, l’eau s’évapore et laisse les sels qui cristallisent. Ce sont eux qui poussent l’enduit de l’intérieur, provoquent le décollement des peintures et donnent cet aspect farineux. Pour apprendre à retirer ces dépôts sans affaiblir davantage le support, un guide complet comme ces conseils pour éliminer le salpêtre sur les murs aide à adopter les bons gestes et les bons produits.
Les sensations confirment souvent ce que les yeux voient. Au toucher, le mur semble anormalement froid et humide, même dans une pièce correctement chauffée. L’air du rez-de-chaussée paraît plus lourd, les textiles gardent une odeur de renfermé, les meubles en bois proches du mur marquent plus vite. C’est le cas, par exemple, chez un couple qui emménage dans une maison de bourg fraîchement repeinte : au bout de quelques semaines de chauffage, le bas des murs se tache, les plinthes en MDF gonflent, et les rideaux conservent constamment une odeur de moisi.
Il faut aussi savoir distinguer ces symptômes de ceux d’une condensation classique. La condensation se manifeste surtout sur les surfaces les plus froides : angles de plafonds, jonction mur/fenêtre, derrière les gros meubles plaqués contre les parois. On voit parfois des gouttelettes sur les vitrages et des taches noires de moisissures en hauteur. À l’inverse, la remontée capillaire reste très localisée au bas des murs et progresse lentement vers le haut. Quand les deux phénomènes coexistent, c’est souvent parce que les murs humides refroidissent davantage la pièce, ce qui favorise la condensation de la vapeur d’eau intérieure.
Dans de nombreuses rénovations rapides, la déco vient camoufler le problème sans le régler. Un exemple parlant : une famille recouvre un vieux mur en pierres avec un doublage en plaques de plâtre collées pour « lisser » la pièce. Quelques mois plus tard, des taches sombres apparaissent au niveau des plinthes, puis le bas du placo s’effrite. L’humidité continue de monter derrière le parement, sans plus aucune possibilité d’évaporer. Ce type de configuration justifie de se documenter spécifiquement sur le sujet, par exemple via des ressources détaillées sur les remontées capillaires derrière les plaques de plâtre.
Pour confirmer le diagnostic, un professionnel utilise en général des mesures d’humidité, une thermographie ou un simple hygromètre de contact, associées à l’observation des abords de la maison. La combinaison pied de mur marqué + salpêtre + odeur tenace reste l’indicateur le plus parlant. Lorsque ces éléments sont réunis, il devient pertinent de s’intéresser aux causes profondes, c’est-à -dire à la manière dont l’eau du sol trouve un chemin dans la maçonnerie.

Pourquoi l’humidité remonte dans les murs : comprendre les causes des remontées capillaires
Une remontée capillaire ne vient jamais de nulle part. Elle apparaît quand plusieurs conditions se combinent : un sol humide, des matériaux poreux et l’absence de coupure de capillarité efficace entre ces deux éléments. Historiquement, les maisons en pierre, en brique ou en moellons construits avant les normes modernes n’étaient pas équipées de barrière étanche à la base des murs. Les fondations reposaient directement dans le sol, parfois avec un simple lit de pierres. Tant que les sols environnants restaient perméables et que les murs respiraient grâce à des enduits à la chaux, l’équilibre tenait à peu près. Les soucis ont commencé lorsque l’environnement immédiat a changé.
Dans les quartiers résidentiels ou les villages où les extérieurs ont été modernisés dans les années 1970-1990, on retrouve souvent le même scénario. Les anciennes cours en terre battue ou en gravier ont été remplacées par des dalles béton, enrobés ou pavages collés. Ces revêtements, très pratiques pour garer la voiture ou poser une terrasse, réduisent fortement la capacité du sol à évaporer l’eau de pluie. Résultat : l’humidité reste bloquée au pied des façades et finit par s’infiltrer dans les murs. Un article dédié aux risques liés aux dalles béton coulées directement sur la terre permet de mieux visualiser ces phénomènes et d’anticiper les erreurs de conception extérieure.
Le matériau des murs joue aussi un rôle clé. Les briques, les pierres calcaires tendres, certains blocs de béton, mais aussi les joints et enduits à base de plâtre ou de mortier traditionnel comportent tout un réseau de micro-capillaires. Ces petits canaux, invisibles à l’œil nu, permettent à l’eau de se déplacer vers le haut sous l’effet de la tension superficielle. C’est le même principe qu’une mèche de bougie qui « aspire » la cire fondue. Tant qu’une barrière horizontale ou un traitement bloquant n’est pas en place, le mur continue à « boire » l’eau du sol.
Autre élément aggravant : le niveau du terrain par rapport au plancher intérieur. Quand la terre, un trottoir ou une terrasse arrive presque à hauteur du rez-de-chaussée, voire au-dessus de la base des murs, la maçonnerie se retrouve en permanence au contact de matériaux humides. Dans une maison de lotissement où le jardin a été progressivement rehaussé par des apports de terre végétale, on observe parfois des remontées capillaires sur des murs qui étaient sains à l’origine. En relevant le terrain, on met tout simplement les maçonneries « les pieds dans l’eau ».
Le phénomène peut aussi se renforcer en période de chaleur. Plus l’air est sec et chaud, plus l’évaporation en surface est rapide. Pour compenser, le mur attire davantage d’eau depuis le sol, comme une éponge laissée à moitié immergée dans un seau. Sur une façade bien exposée, les auréoles au pied du mur deviennent parfois plus visibles en été qu’en hiver, surtout si les pièces intérieures sont chauffées et peu ventilées. Il ne faut donc pas s’étonner de voir des taches progresser au beau milieu d’une période de canicule.
Enfin, certains travaux soi-disant « d’assainissement » mal maîtrisés ont l’effet inverse de celui recherché. L’application d’un enduit ciment très étanche sur une maçonnerie ancienne, par exemple, bloque l’évaporation naturelle. L’eau ne peut plus sortir par la façade et se redirige vers l’intérieur, où elle se manifeste au niveau des plinthes ou derrière un doublage. C’est une erreur classique dans les rénovations de maisons de village : mur sablé, enduit ciment projeté, puis apparition d’humidité intérieure trois à cinq ans plus tard.
Comprendre ces mécanismes aide à ne pas se laisser séduire par des solutions miracles en surface. Tant que l’eau du sol trouve un chemin dans les matériaux, les problèmes reviendront tôt ou tard. La logique à adopter est simple : réduire l’eau autour de la maison, bloquer sa remontée dans les murs, puis laisser la maçonnerie sécher. C’est cette démarche qui oriente ensuite le choix des traitements techniques les plus adaptés à chaque cas.
Traitements efficaces contre les remontées capillaires : injection, drainage et solutions techniques
Une fois la cause comprise, vient la question qui fâche parfois : quel traitement choisir pour stopper efficacement les remontées capillaires ? Entre les injections, les systèmes d’électro-osmose, les drains périphériques et les produits de surface, il est facile de s’y perdre. L’enjeu est de retenir une solution qui agit à la racine et non un simple « pansement » cosmétique. Les choix varient selon l’épaisseur des murs, leur composition, l’accessibilité extérieure et le budget disponible.
La méthode la plus répandue aujourd’hui reste l’injection d’hydrofuge à la base des murs. Elle consiste à percer, en une ou plusieurs lignes, des trous réguliers à une vingtaine de centimètres au-dessus du sol fini. Dans ces perçages, le professionnel injecte une résine ou un gel hydrophobe qui va se diffuser dans le réseau de capillaires et créer une barrière quasi horizontale. Une fois cette barrière en place, l’eau du sol ne peut plus progresser au-delà de ce niveau. Le mur au-dessus est alors laissé à l’assèchement naturel, ce qui peut prendre plusieurs mois selon l’épaisseur.
Pour être efficace, cette technique impose quelques règles : perçages au bon diamètre, profondeur adaptée à l’épaisseur du mur, produit correctement dosé, prise en compte des cloisons perpendiculaires et des joints. Un chantier d’injection réussi ne se juge pas au bruit de la perceuse, mais aux résultats sur un à deux ans. En parallèle, il est indispensable de gérer les sels déjà présents en surface, sous peine de voir les enduits continuer à cloquer même après l’arrêt des remontées.
Dans les terrains très humides ou les régions à nappe phréatique haute, l’installation d’un drainage périphérique est souvent un bon complément. Il s’agit de creuser une tranchée le long des murs extérieurs, au niveau des fondations, pour y poser un drain, un lit de graviers et un géotextile. Ce dispositif permet à l’eau d’être collectée et évacuée vers un exutoire plutôt que de stagner contre le bâti. L’opération est plus lourde (terrassement, accès engins, protections des réseaux), mais son action est durable si elle est bien conçue. Il faut toutefois veiller à ne pas concentrer l’eau en un point où elle pourrait nuire, par exemple au pied d’un mur voisin.
Pour certaines maisons anciennes où les interventions mécaniques sont limitées (bâtis patrimoniaux, murs imbriqués avec ceux du voisin, caves voûtées), des solutions d’assèchement par électro-osmose peuvent être envisagées. Ces systèmes reposent sur l’installation d’électrodes dans les murs, reliées à un boîtier électronique qui modifie la répartition des charges électriques et inverse le mouvement de l’eau. L’eau est alors repoussée vers le sol au lieu de remonter. Ce n’est pas une baguette magique, mais une approche technique intéressante dans des cas complexes où le perçage ou le drainage sont difficiles.
Pour y voir plus clair, il est utile de comparer les principales options dans un tableau synthétique :
| Solution | Principe | Atouts principaux | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Injection d’hydrofuge | Création d’une barrière interne dans l’épaisseur du mur | Adaptée à beaucoup de maçonneries, travaux rapides, efficace sur pieds de murs | Nécessite une bonne préparation, gestion des sels et finitions respirantes |
| Drainage périphérique | Évacuation de l’eau autour des fondations | Réduit durablement l’humidité du terrain, améliore le confort du sous-sol | Travaux lourds, parfois impossibles en mitoyenneté ou en zone urbaine dense |
| Électro-osmose | Modification du mouvement de l’eau par champ électrique | Peu invasif sur le bâti, intéressant sur certaines maisons anciennes | Dimensionnement sérieux, boîtier à maintenir en fonctionnement |
| Produits de surface « anti-humidité » | Filmage ou durcissement de la surface du mur | Aspect visuel parfois amélioré à court terme | Ne traite pas la cause, risque d’aggravation en piégeant l’eau |
Pour éviter les fausses bonnes idées, certains gestes sont à proscrire presque systématiquement : poser un enduit ciment étanche sur un mur ancien, appliquer une peinture « anti-humidité » en espérant régler le fond du problème, coller un doublage en plaques de plâtre sans avoir traité la base du mur, ou encore surélever le niveau des sols extérieurs au ras du plancher. Ces choix créent des murs qui ne peuvent plus sécher, donc des pathologies plus lourdes à moyen terme.
À l’inverse, une stratégie cohérente ressemble plutôt à ceci : diagnostic précis, coupure de capillarité par injection adaptée, éventuellement drainage extérieur, puis remise en état avec matériaux respirants. Cette approche peut sembler plus technique sur le papier, mais elle évite de devoir tout recommencer dans cinq ans. Dans la section suivante, le point est fait sur la manière de réparer l’intérieur sans ruiner ces efforts.
Assainir l’intérieur : enduits respirants, gestion du salpêtre et finitions sur murs traités
Une erreur fréquente consiste à croire qu’une fois les remontées capillaires stoppées à la base, on peut recouvrir les murs comme on veut. En réalité, le traitement du pied de mur n’est qu’une étape. L’humidité résiduelle doit encore s’évacuer, les sels minéraux doivent être gérés, et les enduits ou revêtements doivent laisser le mur respirer. Sinon, les désordres esthétiques reviennent rapidement, et l’impression « d’avoir payé pour rien » s’installe.
Le cas du salpêtre illustre bien cette logique. Même si l’eau ne remonte plus, les sels présents dans l’épaisseur du mur peuvent continuer à migrer vers l’enduit, provoquer des boursouflures et faire tomber la peinture. Un simple grattage superficiel ne suffit pas. Il faut enlever tout ce qui se désagrège, nettoyer, parfois appliquer un produit de neutralisation, puis reconstruire la finition avec un matériau adapté. Là encore, un guide comme l’élimination durable du salpêtre permet d’éviter les réflexes contre-productifs, comme l’application d’un enduit dur sur un support encore fragile.
Sur les murs anciens, les enduits à la chaux ont fait leurs preuves. Leur porosité permet à la vapeur d’eau de traverser le mur sans blocage, tout en offrant une bonne adhérence sur les supports minéraux. Les enduits dits « assainissants » ou « déshumidifiants » sont conçus dans cette logique : ils offrent une structure poreuse, capable d’emmagasiner et de relâcher une certaine quantité d’humidité sans s’abîmer immédiatement. En contrepartie, ils demandent un temps de séchage plus long et une mise en œuvre respectueuse des conditions météo. Des ressources comme les conseils pour enduire par temps humide rappellent l’importance de surveiller l’hygrométrie et la température lors de l’application.
Dans les logements où les murs sont déjà doublés en plaques de plâtre, il faut agir avec prudence. Si l’on constate des taches à la jonction du sol et du placo, ou un gonflement des bandes, c’est souvent le signe que l’humidité remonte derrière la cloison. Sur un doublage collé, le plâtre est directement en appui sur le mur : il devient alors très vulnérable. Dans ce cas, une étude plus poussée est nécessaire pour décider s’il faut déposer le doublage, traiter la maçonnerie, puis remonter un système sur ossature désolidarisée, plus tolérant aux variations d’humidité.
Les finitions décoratives ont aussi leur mot à dire. Un revêtement mural vinyle ou une peinture filmogène très fermée bloquent le passage de la vapeur d’eau, ce qui peut suffire à re-créer des cloques, même après un bon traitement de base. Dans un salon de maison des années 1930 où le propriétaire a traité les remontées capillaires par injection, le projet initial de papier peint vinyle a été abandonné au profit d’une peinture minérale microporeuse. Le rendu est tout aussi esthétique, mais la paroi continue de respirer, ce qui sécurise la tenue des finitions dans le temps.
Cette logique de paroi respirante vaut également pour l’isolation. Isoler un mur encore humide par l’intérieur est risqué : on crée une couche froide côté maçonnerie, propice à la condensation interne et au développement de moisissures invisibles. Lorsqu’une isolation par l’extérieur est envisageable, elle protège mieux le mur tout en améliorant le confort thermique. Mais même dans ce cas, il reste préférable de traiter les remontées capillaires en amont, afin de ne pas enfermer d’humidité dans l’épaisseur du bâti.
En résumé, la reprise intérieure doit suivre trois idées simples : éliminer l’enduit malade, choisir des matériaux ouverts à la diffusion de vapeur, et accepter un temps de séchage suffisant avant de poser des finitions trop fermées. La cohérence des choix vaut mieux qu’une surenchère de produits « miracles ». Une fois l’intérieur stabilisé, reste à traiter un point essentiel : la gestion de l’eau autour de la maison, pour éviter que le problème ne se reproduise.
Diagnostic, prévention et bonnes pratiques pour une maison durablement protégée de l’humidité des murs
Le traitement des remontées capillaires ne se résume pas au jour de l’intervention. Pour que les murs restent sains, il est indispensable d’anticiper, de surveiller et de corriger les points faibles du bâti. Un diagnostic sérieux en amont évite de se tromper de cible, et quelques bons réflexes de prévention en aval limitent le risque de récidive. Cette approche globale fait gagner du temps, de l’argent et beaucoup de tranquillité d’esprit.
Le diagnostic débute par un tour du propriétaire, à l’intérieur comme à l’extérieur. On repère la localisation des traces, la hauteur des auréoles, la présence éventuelle de salpêtre, mais aussi l’état des menuiseries, des sols et de la ventilation. Un propriétaire attentif note depuis quand les marques sont apparues, si elles se renforcent après de fortes pluies ou à certaines saisons, et sur quel type de mur elles s’expriment (mitoyen, façade sur rue, pignon sur jardin). Collecter ces informations permet de préparer un échange plus constructif avec le professionnel.
Une fois le traitement choisi et réalisé, la prévention à long terme se joue beaucoup à l’extérieur. Quelques gestes simples font une grande différence :
- Vérifier régulièrement l’état des gouttières et descentes d’eaux pluviales, repérer les fuites et s’assurer que l’eau est évacuée loin des murs.
- Éviter que le niveau du sol extérieur (terrasse, allée, parterre) arrive au même niveau que le plancher intérieur : une marche, même faible, constitue une protection utile.
- Limiter les zones entièrement imperméables au ras des façades et privilégier, quand c’est possible, des matériaux laissant passer l’eau vers le sol.
- Contrôler la ventilation des pièces basses (caves, rez-de-chaussée), en particulier dans les logements modernisés avec des menuiseries très étanches.
Lorsque ces précautions ne sont pas prises, les problèmes d’humidité peuvent ouvrir la porte à des pathologies plus sévères, comme la prolifération de certains champignons lignivores. Un environnement humide et mal ventilé peut par exemple favoriser le développement de la mérule dans les structures bois. Un guide spécialisé sur la manière d’identifier et combattre la mérule dans le logement rappelle à quel point il est important de ne pas banaliser un taux d’humidité élevé sur le long terme.
À l’échelle du confort de vie, l’humidité chronique a aussi un impact direct sur la sensation de froid. Un mur humide conduit mieux la chaleur qu’un mur sec : à température égale, la pièce paraît plus fraîche, ce qui pousse à chauffer davantage. Paradoxalement, on consomme donc plus d’énergie pour un confort moindre. S’attaquer aux remontées capillaires, c’est aussi améliorer la performance énergétique globale du logement, même si cela ne remplace évidemment pas une isolation thermique adaptée.
Pour garder le contrôle dans la durée, certains propriétaires choisissent de tenir un petit carnet de suivi : relevés de taches, dates de travaux, observations après de gros épisodes pluvieux. Ce type de suivi paraît basique, mais il permet de repérer rapidement une anomalie, par exemple un début d’infiltration sur un mur précédemment sain. Couplé à une inspection périodique des façades (surtout avant un ravalement ou un projet de peinture extérieure), il aide à planifier les interventions au bon moment et au bon endroit.
L’idée maîtresse est simple : un mur sain est un mur qui peut sécher. Tout ce qui vient bloquer l’évaporation (sols extérieurs trop hauts, enduits fermés, doublages collés) finit par poser problème. À l’inverse, un bâti protégé contre la remontée d’eau, entouré de sols bien drainés, ventilé correctement et entretenu avec des matériaux adaptés reste plus stable, plus confortable et plus économique à chauffer. C’est cette vision globale qui transforme un traitement ponctuel en vraie stratégie de long terme pour la maison.
Comment différencier remontée capillaire et condensation sur un mur ?
La remontée capillaire touche surtout le bas des murs, avec des taches en forme de vagues, du salpêtre et des enduits qui se décollent près du sol. La condensation apparaît plutôt sur les zones froides exposées à la vapeur d’eau intérieure : angles de plafonds, derrière les meubles, bords de fenêtres. On y voit souvent des gouttelettes ou des moisissures noires diffuses. Quand le doute persiste, un diagnostic avec mesures d’humidité et observation des abords de la maison permet de trancher clairement.
L’injection d’hydrofuge suffit-elle à régler définitivement les remontées capillaires ?
Dans beaucoup de cas, l’injection d’un produit hydrofuge à la base des murs est une solution efficace pour stopper la remontée d’eau. Elle doit toutefois être bien dimensionnée (profondeur, espacement, type de produit) et accompagnée d’une reprise des enduits avec des matériaux respirants. Sans traitement des sels ni gestion correcte des finitions, des décollements peuvent réapparaître même si la remontée est bloquée. Par ailleurs, sur terrains très humides, un drainage périphérique complémentaire peut être nécessaire.
Combien de temps faut-il pour qu’un mur sèche après traitement des remontées capillaires ?
Le temps d’assèchement dépend de l’épaisseur du mur, de sa composition, de la quantité d’eau accumulée et de la qualité de la ventilation. Il se compte souvent en mois plutôt qu’en semaines. Un suivi régulier de l’humidité permet de décider du bon moment pour appliquer des finitions plus fermées. Repeindre ou tapisser trop tôt est une cause fréquente de cloquage ou de décollement rapide.
La peinture anti-humidité est-elle une bonne solution pour des murs humides en bas ?
Les peintures dites anti-humidité peuvent améliorer visuellement un mur pendant un temps, mais elles ne coupent pas la remontée d’eau depuis le sol. Pire, en bloquant l’évaporation, elles peuvent concentrer l’humidité dans l’enduit et accélérer sa dégradation. Pour traiter durablement, il faut d’abord mettre en place une barrière de capillarité (souvent par injection) puis choisir des peintures ou revêtements perméables à la vapeur d’eau.
Faut-il systématiquement drainer autour de la maison en cas de remontées capillaires ?
Le drainage périphérique est utile lorsque le terrain est très humide ou que l’eau stagne au pied des murs. Il réduit la pression d’eau sur les fondations, mais ne remplace pas toujours une coupure de capillarité interne. Dans de nombreuses maisons, un traitement par injection bien réalisé, associé à des finitions respirantes et à quelques corrections autour de la maison (sols, évacuations pluviales), suffit à stabiliser la situation sans recourir à un chantier de drainage lourd.


