Couper l’alimentation en eau d’une maison équipée d’une chaudière à gaz fait souvent hésiter : peur d’abîmer la chaudière, crainte de la surchauffe, doute sur le maintien du chauffage en hiver. Pourtant, avec quelques repères simples, il est possible de protéger son logement des fuites, de limiter les dégâts des eaux et de conserver un bon niveau de confort, sans transformer chaque départ en week-end en casse-tête technique. La clé consiste à bien distinguer ce qui relève du circuit de chauffage fermé et ce qui dépend de l’eau chaude sanitaire aux robinets.
Dans beaucoup de maisons individuelles, la même chaudière gère à la fois les radiateurs et l’eau chaude de la douche. Les deux ne fonctionnent pourtant pas du tout de la même manière. Les radiateurs tournent en boucle fermée avec de l’eau déjà sous pression, alors que l’eau de ville alimente en continu les mitigeurs et, parfois, un ballon. Quand l’arrivée générale est coupée, c’est uniquement la partie « eau de ville » qui s’arrête. Comprendre cette différence évite d’éteindre la chaudière par peur, ou au contraire de laisser un ballon vieux de vingt ans chauffer à vide.
Les questions autour de la sécurité, de la consommation de gaz et de la durabilité de l’installation rejoignent aussi des enjeux plus larges : rénovation énergétique globale, entretien du bâti, diagnostics, anticipation des travaux. De plus en plus de propriétaires profitent d’un contrôle de chaudière ou d’une fuite d’eau pour lancer une réflexion plus complète sur leur maison, à l’image de ceux qui transforment une vieille bâtisse en opportunité, comme expliqué dans cet article sur une maison à rénover qui devient un bon plan immobilier. L’objectif n’est pas de devenir chauffagiste, mais de parler d’égal à égal avec les pros et de prendre des décisions éclairées.
En bref :
- Oui, il est généralement sécuritaire d’interrompre l’alimentation en eau avec une chaudière gaz, à condition de connaître le type d’appareil (instantané, ballon, micro-accumulation).
- Le circuit de chauffage est fermé : les radiateurs continuent de fonctionner même si le compteur d’eau est fermé, tant que la pression reste correcte et qu’il n’y a pas de fuite.
- L’eau chaude sanitaire s’arrête : plus d’eau chaude aux robinets lorsque l’arrivée d’eau de ville est coupée.
- Le risque principal concerne les ballons et cumulus qui peuvent chauffer partiellement vides si on laisse l’alimentation électrique ou gaz sans contrôle.
- Avant une absence, fermer l’eau générale est souvent un très bon réflexe, à combiner avec un mode hors-gel sur la chaudière et quelques vérifications simples.
- L’entretien annuel et une vision globale du logement (isolation, chauffage, eau chaude) restent les meilleurs outils pour gagner en sécurité et en économies.
Alimentation en eau et chaudière gaz : comprendre les circuits pour décider sereinement
Pour savoir s’il est sécuritaire de couper l’eau avec une chaudière à gaz, il faut d’abord comprendre comment l’installation est construite. Dans une maison typique, on trouve deux réseaux bien distincts : le circuit de chauffage et le circuit d’eau sanitaire. Les confondre mène à des décisions hasardeuses, comme éteindre complètement la chaudière en plein hiver alors que ce n’est pas nécessaire.
Le circuit de chauffage (radiateurs, plancher chauffant, parfois ventilo-convecteurs) est un circuit fermé. Il est rempli d’eau, mis en pression puis isolé du réseau public. L’eau y circule en boucle entre la chaudière et les émetteurs de chaleur. Même si tu fermes le compteur d’eau de la maison, cette boucle continue de tourner tant que la pression reste dans la plage prévue, en général autour de 1 à 1,5 bar pour une maison individuelle.
Le circuit sanitaire, lui, est directement relié à l’arrivée d’eau générale. Il alimente les robinets d’eau froide, la douche, la baignoire, l’évier, mais aussi la partie « eau chaude sanitaire » (ECS) de la chaudière ou du ballon. Quand le compteur est fermé, ce réseau s’arrête. Résultat : plus d’eau qui sort aux mitigeurs, ni chaude ni froide, mais les radiateurs peuvent continuer à chauffer la maison.
Pour visualiser la différence, prenons l’exemple de Marc, propriétaire d’une maison des années 80 en périphérie de ville. Suite à une micro-fuite dans un vieux flexible de lave-vaisselle, il a pris l’habitude de couper l’eau à chaque départ. La première fois, panique : « Est-ce que la chaudière va griller ? ». En réalité, sa chaudière à gaz murale, dédiée au chauffage et à l’ECS instantanée, a continué de chauffer normalement. Simplement, aucun robinet ne pouvait être utilisé tant que l’arrivée restait fermée.
Un point de vigilance concerne toutefois la pression du circuit fermé. Si le réseau radiateurs présente une fuite, même légère, la pression peut baisser progressivement. Dans ce cas, lorsqu’on coupe l’eau de ville, le petit robinet de remplissage ne peut plus compenser. On voit alors l’aiguille du manomètre descendre doucement. Ce n’est pas la coupure d’eau qui crée le problème, mais elle révèle un défaut d’étanchéité qu’il faudra traiter.
- Vérifier la pression chauffage avant et après une coupure prolongée.
- Observer si certains radiateurs refroidissent plus vite que d’autres.
- Repérer toute trace d’oxydation sous les vannes et tuyaux apparents.
- Noter les bruits d’air dans les radiateurs, signe de déséquilibre hydraulique.
Pour résumer cette logique, le tableau ci-dessous aide à situer les risques réels :
| Élément de l’installation | Lien avec l’arrivée d’eau générale | Effet d’une coupure d’eau | Risque principal |
|---|---|---|---|
| Circuit de chauffage (radiateurs, plancher) | Circuit fermé, indépendant de l’eau de ville | Continue de fonctionner si pression suffisante | Baisse progressive de pression en cas de fuite |
| Eau chaude sanitaire (ECS) | Dépend directement du compteur d’eau | Plus d’eau chaude aux robinets | Inconfort, mais pas de surchauffe si chaudière instantanée |
| Ballon d’eau chaude ou cumulus | Remplissage continu par l’eau de ville | Risque si ballon se vide mais reste alimenté électriquement | Surchauffe locale ou mise en sécurité |
| Groupes de sécurité et flexibles | En contact permanent avec le réseau | Plus de fuite possible pendant la coupure | Dégâts des eaux en cas de rupture hors période coupée |
Cette compréhension globale du réseau servira ensuite pour définir les bonnes habitudes avant l’hiver ou un départ, en complément des recommandations sur les travaux à réaliser avant l’hiver pour protéger sa maison. La base reste simple : le chauffage forme une boucle à part, l’eau sanitaire est directement liée au compteur.

Types de chaudières gaz et comportement en cas de coupure d’eau
Une fois la différence entre circuits posée, il faut regarder le type de chaudière gaz. Toutes ne réagissent pas pareil si l’on coupe l’eau. Les modèles récents sont bardés de sécurités et d’électronique, alors que certains appareils plus anciens restent plus sensibles au fonctionnement à vide.
Une chaudière à production instantanée ne chauffe l’eau sanitaire que lorsqu’un débit est détecté. Sans débit, elle reste au repos pour l’ECS. Si l’eau générale est fermée, aucun mitigeur ne peut être ouvert, donc aucun risque que la chaudière tente de produire de l’eau chaude sanitaire. Le chauffage, lui, fonctionne sur son propre circuit fermé.
Les chaudières à micro-accumulation ou avec ballon intégré stockent en permanence un petit volume d’eau chaude pour améliorer le confort : ouvrir le robinet et obtenir de l’eau chaude presque instantanément. Si ces appareils sont mal réglés, ils peuvent chercher à maintenir cette réserve même quand l’alimentation en eau ne permet plus un remplissage correct. Sur des modèles anciens, ce fonctionnement partiellement à vide peut fatiguer le matériel.
- Identifier clairement la technologie de sa chaudière (instantanée, ballon intégré, micro-accumulation).
- Lire la notice pour connaître le comportement en mode absence ou vacances.
- Repérer la présence d’un ballon d’appoint ou d’un cumulus séparé dans la maison.
- Contrôler les modes de régulation disponibles : éco, hors-gel, confort.
L’objectif, ici, est de savoir si l’installation peut fonctionner normalement sans apport permanent d’eau de ville ou si certains éléments demandent une coupure électrique en plus de la coupure d’eau. La réponse dépend davantage de l’appareil que du gaz lui-même.
Chaudière gaz, eau chaude sanitaire et ballon : les bons réflexes de sécurité
La question « Est-il sécuritaire d’interrompre l’alimentation en eau d’une chaudière à gaz ? » devient plus fine lorsqu’on aborde la production d’eau chaude sanitaire. C’est là que les erreurs coûtent cher, notamment avec les ballons anciens ou les cumulus électriques mal gérés. L’idée n’est pas de faire peur, mais de rappeler quelques réflexes qui évitent bien des ennuis.
La première règle tient en une phrase : tout ce qui chauffe de l’eau stockée doit être alimenté correctement ou mis à l’arrêt. Un ballon qui se remplit mal, mais dont la résistance ou le brûleur continue de chauffer, travaille à moitié vide. Cela peut conduire à des surchauffes locales, à des mises en sécurité répétées, voire à une usure accélérée.
Dans les maisons des années 70-90, on croise souvent des cumulus électriques au fond d’un cellier ou dans un garage, parfois oubliés. Lorsqu’un propriétaire décide de couper l’eau générale pour sécuriser son absence, il pense rarement à vérifier si ce ballon reste sous tension. Pourtant, si une vidange a été faite pour éviter le gel ou si le groupe de sécurité laisse entrer trop d’air, le ballon peut se retrouver en partie vide tout en continuant à chauffer.
- Avant une longue absence, couper l’alimentation électrique des cumulus et ballons dont le remplissage n’est pas garanti.
- Sur les chaudières avec ballon intégré, utiliser les modes vacances ou absence prolongée prévus par le fabricant.
- Vérifier l’état du groupe de sécurité, ce petit ensemble placé sur l’arrivée d’eau froide du ballon.
- Ne jamais bloquer l’écoulement d’un groupe de sécurité à l’aide d’un bouchon ou d’un bricolage de fortune.
Un exemple courant : une famille part trois semaines en hiver. Par précaution, l’eau générale est fermée. La chaudière gaz, récente, est passée en mode hors-gel pour maintenir une température minimale. En revanche, le vieux cumulus électrique du rez-de-chaussée reste sous tension. Une micro-fuite sur le groupe de sécurité l’a vidé à moitié. Résultat : à la remise en service, odeur de chaud et mise en défaut du thermostat de sécurité. L’installation n’a pas brûlé, mais le ballon a souffert inutilement.
Le tableau suivant permet de clarifier les comportements et précautions :
| Type d’équipement | Comportement si l’eau est coupée | Geste de sécurité recommandé | Niveau de risque |
|---|---|---|---|
| Chaudière gaz à ECS instantanée | Ne se déclenche pas en absence de débit | Laisser la chaudière en mode chauffage ou hors-gel | Faible |
| Chaudière gaz avec micro-accumulation | Maintient un petit volume d’eau chaude en réserve | Activer le mode absence, contrôler la pression | Moyen si très ancien matériel |
| Ballon d’ECS intégré à la chaudière | Peut tenter de chauffer un volume mal rempli | Paramétrer la production ECS en mode réduit ou arrêt | Moyen |
| Cumulus électrique indépendant | Risque de chauffe partielle si cuve vidée | Couper l’alimentation électrique en cas de doute | Élevé sur matériel vétuste |
Ces quelques gestes complètent les contrôles plus larges sur le logement, qui deviennent incontournables avec l’évolution des normes et des obligations. Les propriétaires qui anticipent déjà les diagnostics immobiliers obligatoires à partir de 2026 ont tout intérêt à en profiter pour sécuriser leur circuit d’eau chaude et leur chaudière gaz.
Gérer la température, la pression et les sécurités intégrées
La sécurité d’une chaudière gaz ne dépend pas seulement de la coupure d’eau. La majorité des modèles récents intègrent des dispositifs de sécurité sophistiqués : capteurs de température, pressostats d’eau, sondes de fumées, etc. Si la pression descend en dessous d’un seuil ou si la température grimpe trop, la chaudière se met en défaut et s’arrête. Sur le papier, tout va bien. Dans la réalité, un manque d’entretien peut dégrader ces sécurités.
La bonne pratique consiste à maintenir quelques paramètres dans des plages raisonnables. La température d’eau chaude sanitaire autour de 55 °C suffit pour limiter les risques sanitaires tout en évitant les pertes excessives. La pression du circuit de chauffage, relevée régulièrement sur le manomètre de la chaudière, doit rester stable dans la zone recommandée par le fabricant. Si l’aiguille se balade souvent, c’est le signe d’un problème structurel (vase d’expansion fatigué, fuite cachée, purge mal gérée).
- Programmer un entretien annuel de la chaudière gaz avec un professionnel qualifié.
- Demander à ce professionnel d’expliquer clairement les sécurités présentes et leur rôle.
- Éviter les réglages extrêmes de température pour compenser un manque d’isolation.
- Surveiller la pression circuit après chaque purge de radiateur ou intervention sur le réseau.
En résumé, couper l’eau n’est pas un geste dangereux en soi. C’est parfois même le meilleur allié pour protéger la maison, à condition de ne pas oublier que derrière la chaudière se cache tout un écosystème technique qui mérite un suivi régulier.
Couper l’eau avant un départ : organisation pratique et check-list maison
La plupart des questions sur l’alimentation en eau d’une chaudière gaz surgissent au moment de partir quelques jours. À ce stade, le cerveau est déjà occupé par les valises, les enfants, les animaux de compagnie… et la maison reste au second plan. D’où l’intérêt de transformer ce moment en rituel simple plutôt qu’en source de stress. L’objectif : sécuriser le logement en quelques minutes, sans toucher à ce qui n’a pas besoin de l’être.
La logique est la même qu’un check de chantier avant la fin de journée. On vérifie les points faibles, on coupe ce qui doit l’être, et on laisse le reste tourner au ralenti. La chaudière gaz, si elle est bien réglée, peut tout à fait assurer un mode hors-gel indépendamment de l’arrivée d’eau générale coupée. Le risque de conduite gelée à l’intérieur est alors limité, même en période froide.
Pour y voir plus clair, voici une liste de réflexes à adopter avant une absence de plusieurs jours :
- Fermer l’arrivée d’eau générale au compteur ou sur la vanne principale après avoir coupé tous les robinets.
- Passer la chaudière gaz en mode hors-gel ou éco, en particulier dans les régions froides.
- Couper l’alimentation électrique des ballons d’eau chaude indépendants si leur statut de remplissage est incertain.
- Noter la pression du circuit de chauffage pour pouvoir la comparer au retour.
- Contrôler visuellement les zones sensibles : nourrices, sous-évier, groupes de sécurité, flexibles.
Dans la pratique, ce rituel évite la plupart des scénarios catastrophes : fuite lente derrière un meuble, groupe de sécurité qui goutte pendant des semaines, chauffe-eau qui tourne inutilement. Les forums d’entraide bricolage regorgent de témoignages de dégâts qui auraient pu être évités avec ces quelques minutes de vérification.
Le tableau suivant illustre un scénario type de préparation :
| Moment | Action sur la chaudière gaz et l’eau | But recherché | Bénéfice concret |
|---|---|---|---|
| 48 h avant départ | Contrôle visuel des fuites apparentes, test des robinets | Repérer un problème avant qu’il ne s’aggrave | Temps pour appeler un pro si besoin |
| Jour du départ – matin | Réglage chaudière en mode éco ou hors-gel | Limiter la consommation de gaz | Facture maîtrisée, logement protégé du gel |
| Juste avant de partir | Fermeture de l’arrivée d’eau générale, coupure cumulus douteux | Éviter tout dégât des eaux pendant l’absence | Retour sans mauvaise surprise |
| Au retour | Réouverture de l’eau, contrôle pression chauffage | Remettre l’installation en fonctionnement normal | Confort retrouvé en quelques minutes |
Ce type de routine s’intègre idéalement dans une gestion globale de la maison. Ceux qui préparent leur logement au froid en suivant les méthodes présentées dans les priorités de travaux avant l’hiver constatent que la coupure d’eau n’est qu’une brique de plus dans un ensemble cohérent : isolation, étanchéité, ventilation, chauffage.
Cas particuliers : maisons anciennes, installations mixtes et résidences secondaires
Tout le monde n’a pas une chaudière gaz dernier cri avec manuel de 80 pages. Dans les maisons anciennes ou les résidences secondaires, les configurations sont parfois plus complexes : chaudière gaz pour le chauffage, cumulus électrique pour l’eau chaude, poêle d’appoint, voire ancien ballon non utilisé mais encore raccordé. Dans ces contextes, la prudence impose une règle : si un équipement n’est pas clairement identifié, mieux vaut le mettre hors tension lors d’une coupure d’eau prolongée.
Un propriétaire qui vient de racheter une maison à rénover se retrouve souvent face à un patchwork de systèmes. Loin d’être un handicap, cela peut devenir un levier pour repenser l’ensemble, comme le montrent les exemples de projets décrits dans l’article dédié à la maison à rénover qui devient un bon plan. Dans ces cas, la question de l’alimentation en eau et de la chaudière s’inscrit dans un chantier plus large : mise aux normes, amélioration de la performance énergétique, simplification de l’exploitation au quotidien.
- Repérer et étiqueter les différents équipements de chauffe (chaudière, cumulus, ballon tampon).
- Demander à un chauffagiste un schéma simplifié de l’installation lors de la première visite d’entretien.
- Supprimer ou déconnecter proprement les anciens appareils plus utilisés mais toujours raccordés.
- Planifier à moyen terme une modernisation de l’ensemble pour gagner en confort et en sécurité.
En rendant l’installation lisible, la décision de couper ou non l’eau devient évidente. Ce n’est plus une question d’intuition, mais une conséquence logique d’un système bien compris.
Économies d’énergie, confort et sécurité : quel impact a vraiment la coupure d’eau ?
Au-delà de la simple question « Est-ce que la chaudière risque quelque chose si l’eau est coupée ? », beaucoup de propriétaires cherchent à savoir si ce geste a un effet sur la consommation de gaz et le confort au quotidien. La réponse est nuancée. Couper l’eau ne fait pas directement baisser la facture de gaz, mais cela participe à limiter les pertes et à repérer des dysfonctionnements.
Par exemple, un groupe de sécurité qui laisse couler régulièrement de l’eau chaude sanitaire dans l’évacuation oblige la chaudière à se rallumer souvent pour reconstituer la réserve. Cette consommation cachée ne sera pas visible immédiatement, mais au bout de quelques mois, la facture grimpe. En fermant l’eau générale lors d’absences et en observant le comportement du ballon à la remise en service, il est possible de détecter ce type de dérive et de la corriger tôt.
Autre cas : une chaudière qui s’enclenche tout le temps pour l’ECS dès qu’on ouvre un peu un robinet, parce que la régulation est trop sensible ou mal étalonnée. La coupure d’eau n’est pas le remède, mais elle peut être le déclic qui pousse à demander une vraie optimisation de la régulation et des débits à un chauffagiste. Résultat : moins de cycles marche/arrêt, donc moins d’usure et de consommation.
- Régler la température d’ECS à un niveau modéré pour limiter les pertes thermiques.
- Prévoir des plages horaires de chauffe adaptées aux habitudes du foyer.
- Isoler les tuyauteries d’eau chaude qui traversent des zones non chauffées.
- Remplacer les équipements vétustes sources de fuites ou de consommations anormales.
Sur le plan du confort, il faut accepter qu’une eau coupée signifie forcément absence d’eau chaude aux robinets. Le chauffage, lui, peut continuer à assurer son rôle. La coupure d’eau ne doit donc pas être vue comme une solution permanente pour réduire la consommation, mais comme un outil ponctuel pour protéger le bâti et aider à diagnostiquer les problèmes.
| Objectif | Rôle de la coupure d’eau | Actions complémentaires à prévoir | Résultat attendu |
|---|---|---|---|
| Réduire la facture de gaz | Indirect, via la réduction de fuites et de pertes ECS | Réglage fin de la chaudière, amélioration de l’isolation | Consommation stabilisée ou en baisse |
| Assurer la sécurité du logement | Très efficace pendant les absences prolongées | Contrôle groupes de sécurité, flexibles, robinets | Moins de risques de dégâts des eaux |
| Améliorer le confort | Neutre, voire négatif si coupure fréquente | Optimisation du chauffage, équilibrage des radiateurs | Température stable et eau chaude disponible |
| Préparer une rénovation globale | Fait émerger les faiblesses du système actuel | Diagnostic énergétique, étude de chauffage et ECS | Projet cohérent à long terme |
Pour ceux qui envisagent une rénovation plus large, la chaudière gaz et la question de l’eau doivent être intégrées dans un plan d’ensemble : isolation, ventilation, fenêtres, chauffage principal, appoints. Des ressources comme les guides dédiés aux maisons à rénover montrent bien que les gains les plus importants se trouvent souvent du côté de l’enveloppe du bâtiment avant même le changement de chaudière.
Inscrire la gestion de l’eau et du gaz dans une stratégie de maison durable
Un logement bien géré n’est pas seulement un logement où l’on coupe l’eau avant de partir. C’est surtout une maison où chaque équipement a une fonction claire, où les réglages sont compris et où les travaux sont planifiés intelligemment. La chaudière gaz peut rester au cœur du système, mais elle doit être entourée d’une isolation correcte, d’une régulation adaptée et d’une production d’eau chaude cohérente.
Dans ce contexte, la question « Est-il sécuritaire d’interrompre l’alimentation en eau d’une chaudière à gaz ? » devient presque secondaire. Une installation bien conçue et entretenue supporte sans problème une coupure d’eau générale, car elle ne dépend pas au quotidien de ce levier pour fonctionner sainement. La coupure d’eau redevient ce qu’elle devrait toujours être : un geste de protection simple, activé à bon escient.
- Établir un diagnostic global de la maison, incluant chauffage, ECS et isolation.
- Prioriser les travaux qui réduisent réellement la consommation et les risques.
- Former les occupants aux quelques gestes clés : coupure eau, modes de la chaudière, lecture du manomètre.
- Mettre à jour l’installation en fonction des évolutions réglementaires et techniques.
Cette approche rejoint les démarches plus larges de performance énergétique et de mise en conformité, au cœur des évolutions actuelles de l’habitat.
Peut-on laisser la chaudière gaz en marche si l’on coupe l’arrivée d’eau générale ?
Oui, dans la majorité des installations, la chaudière gaz peut continuer à assurer le chauffage lorsque l’arrivée d’eau générale est coupée. Le circuit de chauffage fonctionne en circuit fermé, déjà rempli et sous pression. En revanche, il n’y aura plus d’eau chaude sanitaire aux robinets tant que l’eau de ville est fermée. Il suffit de vérifier que la pression du circuit reste dans la plage normale et d’utiliser si besoin le mode hors-gel ou éco pendant l’absence.
Couper l’eau risque-t-il d’abîmer un ballon d’eau chaude ou un cumulus ?
Le risque apparaît surtout si le ballon peut se retrouver partiellement ou totalement vidé tout en restant alimenté en électricité ou en gaz. Dans ce cas, la résistance ou le brûleur peuvent travailler à vide et provoquer des surchauffes locales ou des mises en sécurité répétées. La bonne pratique consiste à couper l’alimentation électrique des ballons et cumulus lorsque l’on sait qu’ils peuvent être vides ou lorsque leur état est incertain, surtout sur du matériel ancien.
La coupure d’eau permet-elle de faire des économies de gaz significatives ?
La coupure d’eau en elle-même ne réduit pas directement la consommation de gaz, car la chaudière continue d’assurer le chauffage si elle est en service. En revanche, elle limite les pertes liées à d’éventuelles fuites d’eau chaude sanitaire ou à un groupe de sécurité qui coulerait en permanence. Les vraies économies de gaz se gagnent surtout par un bon réglage de la température, une programmation adaptée, une isolation correcte du logement et un entretien régulier de la chaudière.
Que faire si la pression du circuit de chauffage baisse lorsque l’eau est coupée ?
Si la pression du circuit de chauffage baisse régulièrement alors que vous n’avez pas purgé les radiateurs et que l’eau générale est coupée, cela indique généralement une fuite sur le circuit fermé : radiateur, tuyauterie, échangeur de la chaudière, vase d’expansion. Dans ce cas, il est préférable de faire intervenir un chauffagiste. Il contrôlera l’étanchéité, l’état du vase d’expansion et des organes de sécurité, puis remettra le circuit à niveau après réparation.
Faut-il systématiquement couper le gaz en plus de l’eau lors d’une absence prolongée ?
Couper le gaz en plus de l’eau n’est pas toujours nécessaire, surtout sur les chaudières récentes sans veilleuse permanente. Le plus souvent, le mode hors-gel ou éco suffit à protéger l’installation tout en limitant la consommation. Pour des absences très longues ou des installations anciennes, couper le gaz peut être envisagé, mais cela implique une remise en route plus technique. En cas de doute, il est recommandé de consulter la notice de la chaudière ou de demander l’avis d’un chauffagiste, qui adaptera la recommandation à la configuration du logement et au climat local.


